Le chef de division provinciale des Mines en Ituri, Félix Abedi, apporte des précisions sur les informations faisant état de la production ou de la disparition d’environ 50 kg d’or dans la province, évoqué par Max Nissan, point focal du Chef de l'Etat dans la grande province orientale. Il affirme que les rapports disponibles au niveau de son administration font plutôt état de quantités nettement inférieures, notamment 2 kg et 479,6 grammes d’or déclarés.
« Certes, on a publié les 50 kilos, mais sur papier, ce ne sont pas les 50 kilos », a déclaré Félix Abedi lors d’une mise au point consacrée aux publications largement relayées.
Selon le responsable provincial des Mines, l’information relative aux 50 kg d’or ne correspond pas aux données contenues dans les rapports établis par les services miniers à la suite des missions de traçabilité. Il affirme avoir dépêché des responsables des bureaux miniers, notamment dans le territoire de Mambasa et au PK25, afin de vérifier la production et la traçabilité des substances minérales.
Félix Abedi explique que ces différentes missions ont donné lieu à des rapports transmis aux autorités compétentes, notamment au ministère des Mines, au gouverneur de province et au secrétariat général des Mines.
Deux kilogrammes déclarés au PK 22
Revenant sur l’origine des informations relatives aux 50 kg, le chef de division provinciale des Mines situe les premières données évoquées au mois de mars 2026.
Il indique avoir signé, les 15 et 16 mars, un ordre de mission permettant au chef du bureau minier concerné de se rendre à PK 22, dans le cadre du suivi de la traçabilité des substances minérales, jusqu’au lieu de traitement.
À l’issue de cette mission, affirme-t-il, la production constatée et déclarée par la société coopérative RIVAR était de 2 kg d’or.
« La société coopérative RIVAR avait produit 2 kilos, et les 2 kilos ont été déclarés », a précisé Félix Abedi, qui affirme que son administration dispose des documents attestant ces déclarations.
479,6 grammes évoqués à Ngayo
Le responsable provincial des Mines cite également une autre opération de suivi effectuée à Ngayo, dans le secteur de PK 22.
Selon lui, une mission ordonnée le 15 avril avait permis d'établir deux rapports de production. Le premier faisait état de 66,6 grammes, tandis que le second mentionnait 413 grammes d’or.
Ces deux quantités représentent 479,6 grammes.
Félix Abedi assure que les données relatives à ces productions ainsi que les pièces justificatives sont disponibles auprès de la division provinciale des Mines.
Le chef de division conteste les accusations
Cette mise au point intervient alors que des publications diffusées font état d'une importante quantité d'or qui aurait échappé au contrôle de l'État en Ituri.
Sans citer nommément les auteurs de ces publications, Félix Abedi les qualifie d'informations non conformes aux rapports de son administration. Il reproche à leurs auteurs de ne pas avoir, au préalable, sollicité les explications de la division provinciale des Mines.
Il estime que les questions relatives à la production minière doivent être vérifiées auprès des services compétents et sur la base de documents.
Le chef de division rappelle également que son administration est chargée notamment du suivi de la production et de la traçabilité des substances minérales, afin de permettre à l'État de percevoir les recettes qui lui sont dues.
« Laisser à la justice d'établir les responsabilités »
Félix Abedi demande par ailleurs que les éventuelles responsabilités soient établies par les instances compétentes.
« On laisse à la justice d'établir les responsabilités », a-t-il déclaré, estimant que plusieurs personnalités sont citées ou concernées par cette affaire.
Il affirme que les personnes à l'origine des dénonciations sont déjà identifiées et appelle à ce que les éléments avancés dans cette affaire soient examinés dans le cadre légal.
Le responsable provincial des Mines soutient enfin que son administration reste disponible pour fournir les informations et documents nécessaires à la vérification des données de production.
Cette affaire demeure ainsi liée à une question centrale : quelle quantité d'or a effectivement été produite, déclarée et éventuellement commercialisée dans les zones concernées ? Les rapports évoqués par la division provinciale des Mines constituent, à ce stade, les éléments avancés par cette administration pour contester le chiffre de 50 kg largement relayé sur les réseaux sociaux.
Joël Heri Budjo