Dans la province du Nord-Kivu, un ancien commandant de la Police Nationale Congolaise (PNC) est accusé des « violences physiques et sexuelles » contre une femme. Les organisations féminines réclament l'ouverture d'un procès contre le présumé auteur.
Il s'agit du commissaire supérieur Georges Ngonzela, ancien patron de la PNC, commissaire urbain de Butembo. La Solidarité des Associations Féminines pour les Droits de la Femme et de l'Enfant (SAFDF) accuse cet officier supérieur de la police de violences physiques et sexuelles présumées, d'humiliation publique et d'abus de pouvoir.
Les faits selon la victime
Selon le mémorandum adressé au Maire de Butembo vendredi 26 octobre 2026, les faits remontent samedi 17 octobre 2026 sur l'avenue Matokeo, alors que la victime, accompagnée de son mari, voulait porter secours à son grand frère.
Ce dernier intervenait en faveur d'un conducteur de taxi-moto en train d'être brutalisé par des éléments de la Police Nationale Congolaise commis à la garde du Commissaire urbain, pour mauvais stationnement. La moto venait d'être percutée par la jeep de la Police dans laquelle se trouvait le Commissaire urbain.
« À la suite de cette intervention, le Commissaire de Police aurait entrepris de palper les seins de la femme et de la déshabiller publiquement. Elle aurait également été traînée par terre alors qu'elle tentait de résister à ces actes. La victime a rapporté avoir été humiliée par des propos dégradants du Commandant qui lui aurait déclaré qu'elle n'était pas belle comme sa propre épouse », lit-on dans le mémorandum.
La SAFDF exige un procès rapide et équitable
Pour la SAFDF, ces faits présumés, survenus dans un espace public, sont particulièrement préoccupants en raison de leur gravité et de la fonction de l'auteur présumé, pourtant investi d'une mission de protection de la population et de maintien de l'ordre public.
Les organisations féminines prennent acte du fait que la Justice a été saisie et que des sanctions disciplinaires ont été prises, ayant conduit à son remplacement. Elles estiment toutefois nécessaire que la procédure judiciaire soit accélérée afin que la personne mise en cause ne se soustraie pas à la Justice.
Elles recommandent à l'Auditeur militaire de Garnison de Butembo et aux autorités judiciaires compétentes d'arrêter l'auteur présumé dans le respect des procédures légales.
Elles exigent aussi l'organisation dans les meilleurs délais un procès rapide, impartial et équitable et l'examen avec rigueur les faits et que la victime obtienne réparation si les faits sont établis.
La SAFDF réaffirme son engagement à lutter contre toute forme de violence faite aux femmes et à accompagner les victimes.
« La dignité des femmes n'est pas négociable. La justice ne doit pas s'arrêter au rang ou à la fonction de l'auteur présumé », conclut le mémorandum.
Déjà remplacé de la tête de la police par un autre commandant intérimaire, Georges Ngonzela a été rappelé il y a plus d'une semaine par sa hiérarchie en ville de Butembo, chef-lieu provisoire de la province. Il fait également objet d'une plainte à l'Auditorat supérieur du Nord-Kivu, introduite par le Barreau de la province.
Martin Leku