Face à la surpopulation de la prison centrale de Kinshasa, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé de suspendre provisoirement l’arrivée de nouveaux détenus. Une mesure assortie de dérogations, alors que l’établissement accueille près de onze fois sa capacité initiale.
À Makala, le ministère de la Justice décide de freiner les admissions. Par une note circulaire datée du 21 octobre 2026, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a suspendu provisoirement l’accueil de nouveaux détenus dans la prison centrale de Kinshasa, « sauf dérogation dûment justifiée ».
Les chiffres communiqués par son cabinet donnent la mesure de la saturation : construit pour accueillir 1 500 personnes, l’établissement compte désormais 16 155 détenus, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi. Soit près de onze fois sa capacité initiale.
Une décision motivée par l’urgence carcérale
Le ministère décrit une surpopulation « particulièrement préoccupante ». Il présente la suspension comme une mesure exceptionnelle, conservatoire et provisoire, répondant à des impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires.
L’objectif affiché est de prévenir une nouvelle dégradation des conditions de détention et de préserver la sécurité comme la dignité des personnes incarcérées. La circulaire maintient toutefois la possibilité d’admissions dérogatoires. Le communiqué ne précise ni les critères permettant de les autoriser ni la durée envisagée pour cette suspension.
Il ne détaille pas davantage les dispositions prévues pour les personnes qui auraient dû être admises à Makala pendant l’application de la mesure.
Le désengorgement reste à concrétiser
Suspendre les nouvelles entrées peut limiter l’aggravation de la saturation. Cette décision ne réduit cependant pas, à elle seule, le nombre de personnes déjà détenues dans l’établissement.
Sur ce point, le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre les mesures de désengorgement des prisons et à améliorer les conditions de détention. Le communiqué ne présente toutefois ni calendrier ni objectif chiffré de réduction de la population carcérale à Makala.
Le ministère inscrit sa décision dans le cadre de la loi du 15 juin 2023 déterminant les principes fondamentaux relatifs au régime pénitentiaire. Il rappelle la responsabilité de l’État dans l’administration des prisons et la protection des personnes privées de liberté.
Reste désormais à préciser comment cette suspension sera appliquée et quelles mesures permettront de soulager durablement un établissement qui accueille plus de dix fois le nombre de détenus pour lequel il a été conçu.
Merveilles Kiro