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Le dilemme de Moïse Katumbi : Partir ou rester

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Le dilemme de Moïse Katumbi : Partir ou rester


Par Lwanzo Kasoki et Adrien Ambanengo, CongoRassure Kinshasa et Lubumbashi

Même si la tempête Kadima semble être passée sans encombre dans certains états-majors politiques, c’est loin d’être le cas dans le camp de Moïse Katumbi, ancien opposant « républicain », devenu allié de première heure du Président Félix Tshisekedi au sein de l’Union Sacrée pour la Nation (USN).

Le patron d’Ensemble pour la République est pris en étaux entre l’envie de déserter les rangs de l’USN et la nécessité de rester, malgré le « gros » choc engendré par ce que certains de ses proches pensent être une trahison orchestrée sciemment par le parti au pouvoir.

Il est par conséquent on ne peut plus évident que M. Katumbi est dans un dilemme, doit-il partir ? ou pas ? toute la sphère politique s’impatiente et a les yeux rivés sur le « chairman », attendant de savoir quelle sera la prochaine étape, et surtout, scrutant ses moindres gestes.

Que va alors faire le président d’Ensemble ? L’arène politique et l’opinion tant nationale qu’internalisation devront retenir leurs souffles pendant quelques jours encore, car seul Katumbi sait réellement ce que sera sa prochaine action. Dans tous les cas, l’homme qui est loin d’être un nouvel arrivant sur la scène politique congolaise, sait qu’il y laissera un peu des plumes, qu’importe la décision qu’il prendra.

Et pour les analystes, même les plus avisés, il est difficile de se prononcer pour l’instant sur la décision finale de Katumbi au vu de tous les signaux contradictoires que l’homme politique plante sur son chemin. En effet, d’une part, les membres de sa famille politique présents au sein de l’exécutif central continuent leur bonhomme de chemin, comme si de rien n’était, et d’autre part, de nombreux proches de l’homme politique ne cachent plus leur détermination à quitter le mariage qu’ils jugent  « malheureux » avec le pouvoir en place.

Dans le même temps, on sait que depuis la seconde où le président de la République a décidé d’investir Denis Kadima à la tête de la centrale électorale, Moïse Katumbi ne décolère pas et le fait savoir à qui veut l’entendre. Une réaction plutôt légitime, et qui ne surprend pas les congolais et les tabloïds tant que cela, quand on sait que celui qui est l’allié de Félix Tshisekedi depuis le violent divorce du chef de l’Etat avec son prédécesseur Joseph Kabila, avait déjà tracé une ligne rouge : Pas de Kadima, pas de loi Tshiani.

Une consultation qui engendrerait encore plus de doutes

Lors de son récent séjour d’un peu plus de 48 heures dans la capitale Kinshasa, le président d’Ensemble pour la République a consulté les groupes parlementaires de son parti et ses alliés politiques, pour parvenir à une position concertée, a dit dimanche son directeur de cabinet, Olivier Kamitatu Etsu, annonçant le poursuite des rencontres à Lubumbashi, sans pour autant lever le voile sur ce qui a été dit dans la capitale.

Toutefois, à Kinshasa, des rumeurs ont commencé à courir bon train, sans que cela ne soit confirmé par son cabinet, selon lesquelles à l’issue de la série d’entretiens que M. Katumbi a eus, la décision de quitter l’Union sacrée pour la nation (USN), ne serait plus la seule option sur la table. Certains de ses alliés craindraient qu’il soit « prématuré » de prendre une telle décision, laissaient entendre certaines indiscrétions.

D’après un membre influent d’Ensemble pour la République, deux blocs diamétralement opposés émergent progressivement au sein de cette formation politique. Les plus radicaux, qui ne jurent que par le départ sans autre forme de procès de l’USN, et les plus modérés, qui ont été séduits par la déclaration de l’un de leurs principaux alliés, Jean-Pierre Bemba.

Le président national du mouvement de libération, dans une déclaration faite en marge de la passation des pouvoirs à la centrale électorale, a exhorté les acteurs politiques, malgré l’absence de concessus dans la désignation de Denis Kadima, à œuvrer ensemble pour des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives, en renforçant la loi électorale.

Les explications reçues affirment que cette deuxième frange voudrait que Moïse Katumbi se rallie à cette même position, qui a également été épousée pas plus tard que la semaine dernière par les ambassadeurs des pays de l’Union européenne et le corps diplomatique accrédité à Kinshasa. « Pour des élections crédibles, indépendantes, transparentes et inclusives », avaient justifié ces diplomates.

Pas aussi simple de se défaire d’un mariage quand il y a tout un monde derrière

Alors, le fera-t-il ou non ? La décision semble être plus complexe qu’il n’y paraît. Si le contraire était vrai, le riche homme d’affaires katangais aurait sans doute déjà pris la décision de plier bagage ou de donner une dernière chance à son alliance avec le pouvoir actuel.

Cependant, il ne s’agit pas que de lui, mais de toute une multitude de partisans, de sympathisants, de partenaires et d’alliés qui ne pensent sûrement pas de la même manière et ne visent pas la même chose. L’allié de Félix Tshisekedi se tient maintenant malgré lui, devant une partie d’échecs, croisant les doigts et espérant prendre la bonne décision pour sa survie politique.

L’activiste Jean-Claude Katende penche pour la même lecture, D’après lui, Moïse Katumbi est face à sa survie et à sa mort politique. Le défenseur des droits de l’homme explique que si l’homme politique quitte l’USN, ses membres qui aiment les postes et l’argent le quitteront probablement, et si Moïse Katumbi reste c’est sa crédibilité qui sera remise en cause, car même si la ligne rouge qu’il a tracée a été franchie, il n’aura pas réagi comme prévu.

La période de suspens presque finie…

D’après certains câbles, même si aucun indice ne le prouve actuellement, le chairman pourrait se rendre pour la deuxième fois consécutive cette semaine dans la capitale Kinshasa, afin d’harmoniser avec les derniers détails et ainsi rendre publique la position officielle de sa plateforme sur son départ ou non de l’Union sacrée de la Nation.

Sauf changement de dernière minute, Moïse Katumbi pourrait se prononcer de ce fait avant la fin de cette semaine sur cette question et ainsi mettre fin à une longue période de suspens.

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