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Lubumbashi : Quelle alternative pour la protection des enfants de la rue

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Par Faustin Mbuyu

Le haut-Katanga est l’une des provinces de la  République Démocratique du Congo(RDC), située au sud-est du pays avec une population de 3 960 945 hab. et une densité de 30 hab./km2. Elle est la cinquième grande province du pays par rapport à sa superficie qu’est de 132 425km2. Dans la ville de Lubumbashi, capitale de cette province, on dénombre des milliers d’enfants de la rue. Ils sont parfois abandonnés par leurs parents, certains ont tout simplement fuient leurs maisons sans une raison fondée, et d’autres ont été accusés de sorcellerie ou maltraités.

Les enfants de la rue sont des enfants qui vivent en permanence dans la rue de jour comme de nuit et qui sont en rupture familiale, sans éducation et scolarisation. Depuis peu, la ville de Lubumbashi est envahie par ces enfant. Les endroits vivables deviennent insupportables et irrespirables. Au centre-ville, les enfants de la rue ont fait de la cathédrale Saints Pierre et Paul, et même des zones environnant le gouvernorat, leurs dortoirs et réfectoires. Leur vie quotidienne rime avec violences et combats, l’hygiène pour eux n’a pas de sens, et malheureusement la promiscuité sexuelle est également devenue très forte.

C’est un défi majeur dont fait face toute la République. Les acteurs politiques et administratifs devraient travailler pour éduquer ces enfants,  communément appelés shégués.  Ces fils et filles du Congo ont besoin d’une instruction, d’une éducation et d’un encadrement de qualité. Il est très préoccupant de voir ces enfants circuler dans les rues sans encadrement ni formation adéquats. Ils sont devenus vagabonds, quémandent à chaque coin des rues et malheureusement se livrent aussi à la tracasserie.

L’avenir du Congo et de la province dépend impérativement de sa jeunesse.

Lorsque ces jeunes shégués subissent les exploitations policières, les abus sexuels, et parfois victimes de violences physiques, morales, sexuelles et psychologiques, la société congolaise doit être prête à payer la facture dans les jours à venir. Elle payera le pot cassé et sera sans doute victime des atrocités incommensurables de ces enfants de la rue, devenus entre temps adultes. Elevés ces enfants sans éducation est une bombe atomique à l’inertie.

Ces enfants restent notre progéniture, victimes du froid, de la faim et vivant dans des conditions difficiles et inhumaines.

Chaque année le monde entier célèbre la journée internationale dédiée à l’enfant. Que doit-on changer aujourd’hui vis-à-vis de leur encadrement et formation? Que doit-on améliorer dans leur éducation, chez leurs éducateurs ou encore dans la société qui les voit grandir ? Où avons-nous échoué pour qu’au-delà des efforts fournis par nous, par les organisations non gouvernementales et divers associations,  que le phénomène Shegue persiste toujours et s’empire? De plus en plus des enfants de la rue du haut-Katanga,  deviennent plus violents, cherchent à manger ou à se loger par tous les moyens et deviennent accrocs aux drogues fortes.

La rue est le seul éducateur des shegues où ils apprennent à être violents. 

Voilà pourquoi, certains dégâts causés en société lors des différentes manifestations politiques, comme des troubles à l’ordre public ,  sont les fruits de la manipulation de certains hommes politiques qui profitent de la position de faiblesse de ces shegues.  Une catastrophe que la province du haut-Katanga essaye tant bien que mal de gérer.

La R.D.Congo en marche vers le développement,  doit fournir à ces enfants des cadres appropriés pour leur éducation et formation. Réfléchissons à la mentalité qu’aura ces enfants marginalisés et délaissés d’ici deux décennies. Leur avenir dépend de l’implication de tout le monde. Et pour réduire tant soit peu les tracasseries, le banditisme, les viols des femmes et filles, les massacres,…il faudra définir des mécanismes de prise en charge de ces enfants de la rue qui vivent dans une précarité sans nom et sans contrôle.

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