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Nord-Kivu : Le député provincial Lumbulumbu veut mobiliser les députés nationaux autour de la suppression de l’état de siège

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Nord-Kivu : Le député provincial Lumbulumbu veut mobiliser les députés nationaux autour de la suppression de l’état de siège


Dans une lettre ouverte adressée à tous les députés nationaux de la République démocratique du Congo, le député provincial et vice-président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, dresse des évidences, qui selon lui, sont en faveur de la suppression de l’état de siège.

Jean-Paul Lumbulumbu indique que c’est à l’issue d’un séjour où il a discuté des limites de l’état de siège avec le Président du Sénat et de l’Assemblée Nationale et certains membres du Gouvernement central, qu’il a pris le temps d’élaborer ces éléments qui plaident pour la suppression de l’état de siège, ou alors de sa limitation dans les zones de BENI et IRUMU.

« Nous saluons déjà le bureau de l’Assemblée nationale pour avoir programmé l’évaluation de l’état de siège au cours de la séance plénière d’hier car cela faisait partie des préoccupations profondes de nos populations», déclare l’élu provincial.

Celui-ci également acclame l’attitude de certains députés nationaux qui ont exigé l’évaluation de l’état de siège avant toute éventuelle prorogation , et les a rassurés que « le peuple leur sera reconnaissant ».

Toutefois, M. Lumbulumbu exhorte les 500 députés nationaux congolais à ce qu’il appelle « la raison et la responsabilité », tout en dressant un lourd bilan de plus de 355 personnes tuées pendant l’état de siège à Beni, plusieurs véhicules incendiés, des villages vidés de leurs populations suite à l’intensification des attaques des ADF, au harcèlement fiscal et administratif, et à la montée exponentielle de l’opération Kasuku à Butembo.

« Pour la population du Nord-Kivu que j’ai le privilège de représenter légitimement comme vous, il faut mettre fin à l’état de siège sinon le limiter de manière rotative dans les zones affectées », leur demande-t-il.

Pour motiver sa demande, le vice-président de l’organe délibérant du Nord-Kivu explique que « l’absence d’une loi réglementant l’état de siège » handicape le bon fonctionnement de l’appareil sécuritaire, mais aussi « l’absence de limitation, par le Président de la République, des infractions qui doivent être connues des tribunaux militaires (Art. 156 de la constitution) ».

Selon lui, l’inefficacité, 90 jours après la proclamation de l’état de siège, du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion communautaire des combattants des groupes armés, est également l’une des causes qui font pencher la balance vers la suppression de l’état de siège.

« Les résultats mitigés 90 jours après la proclamation de l’état de siège; l’arrêt de tous les projets de développement prévu dans le budget provincial 2021 alors que les taxes et impôts sont perçus; la nécessité de reprendre les sessions plénières des assemblées provinciales pour la session budgétaire de septembre 2020 afin de doter les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri d’édits budgétaires pour l’exercice 2022 ; Le harcèlement fiscal et administratif, le mépris de la population et de ses élus légitimes au niveau provincial », sont quelques-unes des évidences peintes par Jean Paul Lumbulumbu Mutanava pour convaincre les élus nationaux.

Après une quatrième prorogation de l’état de siège, conformément à la loi de la RDCongo, les députés nationaux sont appelés à voter pour une nouvelle prolongation. Néanmoins, plusieurs élus nationaux et provinciaux de l’Ituri et du Nord-Kivu ont demandé une évaluation de l’état de siège avant de se décider à donner un feu vert au Président de la République. Ils espèrent que cela permettra de juger de la continuité du dispositif mis en place, ou encore de la révision des certaines choses.

Par Christina Mukongoma 

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