Dans une déclaration faite samedi , le ministre congolais de l'Industrie et ancien gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a mis en garde contre le "génocide silencieux" qui se déroule depuis quelque temps dans la partie orientale de la République démocratique du Congo.
L'ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, en appelle à la communauté internationale. Après le massacre d'une centaine de civils par les combattants du M23 à Kishishe, l'actuel ministre national de l'industrie et originaire de cette partie du pays évoque "un génocide silencieux dans cette province", qui subit déjà "un autre génocide en territoire de Beni", en référence aux multiples massacres dont sont accusés les terroristes de l'ADF depuis plusieurs années.
Le ministre Julien Paluku déplore par ailleurs que cette situation malheureuse se répète une fois de plus dans le sud du Nord-Kivu, alors que dans l'extrême nord, selon les différents rapports produits par la société civile, les sources officielles et les organisations non gouvernementales, "plus de 10.000 civils ont déjà été tués par les ADF, en vue d'un nettoyage ethnique".
L'ancien chef de l'exécutif provincial du Nord-Kivu dénonce et appelle dans la foulée “le comité de sanctions des Nations Unies et les autres organisations de défense des droits de l'homme à se saisir de ces cas de génocide" et à agir pour y mettre fin, mais également à sanctionner les auteurs et les instigateurs de ces drames.
Et concernant les massacres attribués aux combattants du mouvement du 23 mars dans les territoires qu’ils occupent, le ministre souligne que les auteurs visibles, dont les autorités rwandaises, sont également connus avec des preuves et ce, à travers les rapports des experts de l'ONU et de la MONUSCO. Il soutient qu'ils devront également rendre compte au regard de leurs diverses responsabilités dans les massacres en série dont le palmarès des victimes ne cesse de s'allonger.
Julien Paluku qui regrette que les massacres des populations de l'Est de la RDC continuent de se dérouler sous l'empire mondial du silence, rappelle que le M23, qui est une émanation directe du CNDP, avait également tué 150 civils à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, dans la nuit du 4 au 5 novembre 2008. "C'est maintenant KISHISHE avec plus de 100 civils tués (20 novembre 2022), et ce, après d'autres massacres à Rugari, Kisharo, Ntamugenga, dans le même Territoire de RUTSHURU. Ce sont des massacres visant à l'extermination ethnique", insiste-t-il.
Selon les dernières informations des officiels, le 29 novembre, les combattants du M23 ont ôté la vie à plus d'une centaine de civils dans le territoire de Rusthuru, dans la localité de Kishishe, située à 70 kilomètres de la ville de Goma. Dans le même temps, les rapports quotidiens de la société civile du territoire de Beni montrent que le groupe terroriste ougandais ADF continue d'être actif dans cette partie du pays. Malgré la mise en commun des forces des armées ougandaise et congolaise, ces assaillants continuent également de faire des victimes. Deux situations qui s'apparentent à l'extermination ethnique et qui méritent l'attention internationale, selon Julien Paluku.
KMC, Kinshasa