Le député Willy Mishiki, initiateur de la motion de défiance contre Aimé Boji, ministre du Budget, continue de secouer l'Assemblée nationale. Dans une déclaration musclée, il affirme que son groupe de cinquante-trois (53) députés est déterminé à rétablir la transparence dans la gestion des finances publiques, promettant de saisir la plénière pour obtenir la levée des immunités parlementaires de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances pour qu'il réponde de ses actes.
« Nous voulons que ceux qui nous ont mandatés à l'Assemblée nationale soient fiers de nous. Rien contre l'excellence Boji, mais nous exerçons notre devoir parlementaire. La pétition a été signée et transmise sous ma supervision, basée sur l'article 235 de notre règlement intérieur », a déclaré Willy Mishiki.
Selon lui, la motion contre Aimé Boji est fondée sur un rapport de la Cour des comptes et sur des violations de la Constitution, de la loi des finances, et de l'ordonnance régissant les attributions du ministère du Budget.
Mishiki a également rejeté les allégations selon lesquelles lui et son groupe de députés auraient reçu 500 000 dollars américains pour mener cette motion.
« On raconte n'importe quoi. Demain, nous avons une réunion avec la commission économique et financière pour discuter des griefs que nous avons formulés contre Aimé Boji », a-t-il ajouté.
Le député a précisé que l’action ne s’arrêtera pas avec Boji, prévoyant de saisir la plénière contre Nicolas Kazadi, qu'il accuse de détournements massifs durant son mandat au ministère des Finances. Mishiki a affirmé que Kazadi devrait répondre de ses actes, même s'il bénéficie de l'immunité parlementaire.
« Le Parlement n'est pas un refuge pour les criminels. Nous allons solliciter la levée des immunités de Nicolas Kazadi pour qu'il réponde des graves détournements opérés au ministère des Finances », a t-il poursuivi.
Une réaction surprenante
En réaction à cette vague d’attaques, le ministre Aimé Boji aurait ordonné à son directeur de paie, Sébastien Useni Tuaken, de dévoiler des informations compromettantes sur la gestion des salaires des députés nationaux, notamment sur l'existence de treize (13) députés fictifs surnommés « Ngulu ». Ce scandale, révélant que cinq cent treize (513) députés seraient payés depuis la prise de fonctions de Vital Kamerhe, a rapidement enflammé le débat au sein de l'Assemblée nationale.
Face à cette nouvelle controverse, les députés nationaux attendent avec impatience les prochains développements, alors que la situation politique à l'Assemblée se complique. Mishiki, quant à lui, a mis en garde le bureau de l’Assemblée contre toute tentative d’entraver les actions parlementaires de son groupe, soulignant que leur lutte contre la corruption est loin d’être terminée.
Diddy MASTAKI