Les tensions sociales gagnent la ville de Goma, au Nord-Kivu où les conseillers communaux des communes de Karisimbi et Goma ont exprimé leur ras-le-bol mardi 22 octobre 2024. En sit-in devant le gouvernorat de la province du Nord-Kivu, ces vingt-deux (22) élus réclament le paiement de leurs émoluments impayés depuis dix (10) mois. À cela s'ajoutent des primes locales et des frais de fonctionnement toujours attendus.
Pour ces conseillers, cette situation est inacceptable et traduit une négligence des autorités provinciales et nationales. Ils dénoncent le non-respect des engagements financiers pris à leur égard, soulignant que leur travail au service de la population ne peut se poursuivre sans les ressources nécessaires.
Ces élus locaux réclament non seulement le versement de leurs frais d’installation, mais aussi leurs primes locales du gouverneur, leurs frais de fonctionnement et dix (10) mois d’arriérés de leurs émoluments. Une situation qu'ils qualifient de négligence, non seulement de la part du gouvernement provincial, mais aussi du gouvernement central.
Dans leurs revendications, les conseillers communaux soulignent l’importance de leur rôle en tant que pionniers de la décentralisation en République Démocratique du Congo. Ils estiment que leur travail est indispensable pour la bonne gestion de la cité et le renforcement des structures locales de gouvernance, d’où la nécessité de recevoir leurs droits pour continuer à fonctionner efficacement.
Malgré leur mobilisation, les conseillers n’ont pas réussi à rencontrer le gouverneur militaire de la province, Peter Cirimwami Nkuba, absent de son bureau au moment du sit-in. Une absence qui, pour les manifestants, reflète le manque d’attention du gouvernement provincial aux doléances des élus locaux.
Ce sit-in s'inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales et politiques, alors que plusieurs institutions publiques sont confrontées à des retards dans le paiement des émoluments et des salaires. Le mouvement des conseillers communaux de Goma pourrait s’étendre à d’autres régions si des solutions ne sont pas rapidement trouvées.
Le gouvernement provincial n’a pas encore réagi à ces réclamations, mais la pression monte. Il est désormais attendu que des actions concrètes soient prises pour répondre aux revendications des élus locaux et éviter une crise de gouvernance dans la province du Nord-Kivu.
Diddy MASTAKI