Les négociations avortées de Luanda ravivent les dissensions entre la RDC et le Rwanda, malgré la médiation Angolaise.
Le sommet tripartite entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et l’Angola, destiné à apaiser les tensions croissantes entre Kinshasa et Kigali, s’est soldé par un échec retentissant. Ce revers, survenu après des heures de discussions à huis clos, a donné lieu à des échanges verbaux tendus entre les responsables des deux nations.
Une rupture attendue selon la RDC
Pour Wagner Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères de la RDC, l’échec des pourparlers n’a rien d’étonnant. S'exprimant sur l’issue de la rencontre, il a dénoncé un « manque de bonne foi » récurrent du Rwanda.
« À une heure du matin, après plus de six heures de négociations, quand la nouvelle est arrivée que le Rwanda allait se retirer et que le président Kagame n’allait plus participer, nous n’étions pas surpris. C'était l’aboutissement d’un effort perpétuel mené durant la journée », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’attitude du Rwanda révélait « l’étau constant » qui resserre Kigali.
Ces propos traduisent le sentiment de frustration et de résignation de Kinshasa face aux blocages persistants avec son voisin de l’Est.
Kigali contre-attaque
De son côté, Olivier Nduhungirehe, ancien ministre Rwandais des Affaires étrangères et figure influente dans les relations bilatérales, a vivement critiqué la gestion de la situation par la RDC. Dans une publication sur le réseau X, il a reproché à la présidence Congolaise d’avoir manipulé l’information.
« Je salue quand même l’honnêteté intellectuelle de mon homologue Congolaise, qui démontre à elle seule que le voyage dominical du président Tshisekedi à Luanda n’était qu’une opération de communication savamment orchestrée par la Présidence de la RDC », a-t-il écrit.
Le diplomate Rwandais fait allusion au message officiel de la présidence Congolaise, publié le lendemain matin à 10h31, soit plusieurs heures après que les autorités Rwandaises avaient annoncé leur retrait des négociations.
Un processus de paix compromis
L’échec de ce sommet à Luanda s’inscrit dans un contexte régional marqué par une instabilité sécuritaire accrue dans l’Est de la RDC, où les groupes armés, dont le M23, accusé d’être soutenu par Kigali, continuent de semer la violence. Malgré les efforts de médiation de l’Angola, la méfiance entre Kinshasa et Kigali demeure un obstacle majeur à toute résolution durable.
Alors que la situation dans l’Est de la RDC s’aggrave, l’échec de ce sommet illustre la difficulté des dirigeants régionaux à trouver un terrain d’entente. Les accusations mutuelles qui ont suivi renforcent davantage l’idée que la paix dans la région des Grands Lacs nécessitera des efforts diplomatiques soutenus et une véritable volonté politique de part et d’autre.
Diddy MASTAKI