Plusieurs hauts responsables de l’Alliance pour la rupture et le développement (ARDEV), formation politique dirigée par l'ancien gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula Katwe, ont annoncé avoir retiré leur confiance à leur président national et mis en place un comité de crise chargé de restructurer le parti.
Dans une déclaration publiée jeudi, les membres du Bureau politique national et plusieurs cadres de l’ARDEV ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « gestion unipersonnelle et opaque » des affaires du parti, ainsi que des violations présumées de ses textes fondamentaux.
« Nous prononçons le désaveu total du président national de l’ARDEV, M. Jacques Kyabula Katwe », ont déclaré les signataires, reprochant également à leur dirigeant son refus de participer aux activités de l’Union sacrée de la Nation, la coalition soutenant le président de la République.
Selon ces responsables, les divergences internes se sont accentuées au fil des mois en raison d’un manque de concertation avec les instances du parti et d’un affaiblissement de l’encadrement des militants.
Les cadres de l’ARDEV ont également évoqué la situation ayant conduit au rappel de Jacques Kyabula à Kinshasa par les autorités nationales. Ils estiment que ce contexte ne lui permet plus d’assurer efficacement la direction de la formation politique.
À l’issue de leur réunion, ils ont réaffirmé leur confiance au secrétariat général dirigé par Hubert Mwamba, assisté de Jean-Paul Mwenge et Jean Nsaka, présenté comme la seule structure habilitée à engager officiellement le parti dans la période actuelle.
Les participants ont par ailleurs rejeté la récente désignation des responsables de l’Interfédéral du Haut-Katanga, qu’ils jugent contraire aux statuts de l’ARDEV.
Pour conduire la restructuration du parti, un comité de crise a été mis en place sous la direction de John Ngandu Kaswamanga. Il sera notamment assisté par Coco Kanku Lukengo aux finances, Passy Moleka aux questions stratégiques et idéologiques et Philippe Kibawa aux affaires politiques et administratives.
Malgré cette crise interne, les signataires ont réaffirmé leur soutien au président de la République, , ainsi qu’à la majorité présidentielle. Ils se sont également déclarés favorables au projet de révision constitutionnelle actuellement défendu par plusieurs acteurs de l’Union sacrée.
Cette fronde marque un nouvel épisode des tensions qui secouent l’ARDEV, parti influent dans le Haut-Katanga. Parmi les signataires figurent notamment quatre des huit députés provinciaux de la formation politique, dont John Kaswamanga, Max Mpande, Passy Moleka et Coco Kanku, actuel ministre provincial du Genre.
La mise en place du comité de crise ouvre désormais une période d’incertitude pour l’avenir du parti fondé et dirigé jusqu’ici par Jacques Kyabula.
Daudi Amin