Tribunes interdites, contenus sous surveillance, sanctions annoncées… Dans une recommandation datée du 19 octobre 2026, le régulateur congolais encadre strictement le traitement médiatique de la rébellion.
Le message ne laisse guère de place à l’ambiguïté. « Tout reportage visant à glorifier, légitimer ou susciter l’adhésion au FRN sera sanctionné par une suspension sans le moindre remords », prévient Christian Bosembe. Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) entend fixer les limites du traitement de la rébellion par les médias congolais.
Dans une recommandation datée du 19 octobre 2026, signée par Christian Bosembe et le rapporteur de l’institution, Oscar Kabamba Kasongo, le régulateur demande aux professionnels des médias de s’abstenir d’offrir une tribune aux dirigeants, porte-parole, représentants et membres du FRN, ainsi qu’aux structures armées qui lui sont liées.
Interviews, interventions en direct, connexions téléphoniques ou lignes ouvertes. Le texte vise les différents moyens de faire entendre leur voix à l’antenne. L’interdiction porte donc sur leur participation aux émissions, au-delà du seul contenu de leurs interventions.
Le dispositif ne s’arrête pas aux invités des plateaux. Déclarations, communiqués, productions audiovisuelles et reportages de propagande sont également proscrits dès lors qu’ils visent à assurer la visibilité ou à promouvoir les actions des mouvements que le CSAC qualifie de terroristes. Le régulateur entend empêcher toute légitimation, glorification, banalisation ou justification des activités de la rébellion et de ses violences.
Même logique pour les contenus susceptibles de favoriser le recrutement, l’adhésion ou le soutien politique, matériel ou moral à cette entreprise politico-militaire. Le document interdit également de donner la parole aux représentants des partis politiques interdits en RDC, sans préciser lesquels.
La portée de la recommandation est large. Aux côtés des journalistes, présentateurs et producteurs figurent les analystes, les consultants et les invités d’émissions. Les créateurs de contenus numériques et les influenceurs sont eux aussi concernés, indépendamment de leur audience. Le CSAC entend ainsi appliquer ses prescriptions à l’ensemble des espaces de diffusion audiovisuelle et numérique.
Pour justifier cette ligne, l’institution invoque l’ordre public, le respect des droits d’autrui et la promotion d’une culture de paix. Elle affirme avoir constaté des propos incendiaires chez des communicateurs de certains partis politiques, allant, selon elle, jusqu’à l’apologie du crime et à la « désacralisation » des Forces armées de la République démocratique du Congo.
C’est précisément sur la représentation de l’armée que Christian Bosembe met également en garde : « Le média qui va diffuser les images de notre armée en position de faiblesse sera fermé. » Il avertit que tout manquement dûment constaté exposera son auteur aux sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur.
La Rédaction