Deux semaines après la reprise des cours, la maladie à virus Ebola fait son apparition dans le milieu scolaire à Bunia, avec quatre élèves testés positifs dans deux écoles délocalisées, dont l’un est décédé. Cette situation intervient dans un contexte où l’Ituri demeure fortement touchée par l’épidémie.
Les quatre élèves concernés sont issus de deux établissements accueillant notamment des enfants déplacés ou transférés depuis les territoires de Djugu et d’Irumu, selon Yvon Muke, inspecteur principal provincial de l’EPST Ituri 1.
« Dans la première école, venue du territoire de Djugu, trois enfants ont été confirmés positifs, dont un décès. La seconde, originaire du territoire d’Irumu, compte un cas positif », a-t-il expliqué.
D’après l’autorité éducative, les premiers signes de la maladie ont été constatés chez certains élèves au niveau des établissements scolaires. Les responsables des écoles ont alerté les parents, qui ont ensuite conduit les enfants dans des structures de dépistage pour des examens appropriés. Les résultats ont permis de confirmer leur infection au virus Ebola.
L’apparition de ces cas dans deux écoles intervient seulement quelques jours après la reprise des activités scolaires. Elle constitue un nouveau défi pour les autorités sanitaires et éducatives, alors que les établissements scolaires regroupent quotidiennement un grand nombre d’élèves et d’enseignants, avec des contacts rapprochés susceptibles de compliquer la prévention de la transmission.
Face à cette situation, le comité provincial de l’éducation et de la santé, avec l’appui de ses partenaires, s’est réuni en urgence vendredi à Bunia. Les échanges ont notamment porté sur l’évolution de la situation épidémiologique dans les écoles, la surveillance des éventuels cas contacts et les mesures à appliquer afin de réduire les risques de propagation.
Pour Yvon Muke, la vigilance doit être renforcée aussi bien dans les établissements que dans les familles. Il appelle les chefs d’établissements et les parents à respecter strictement les mesures de prévention et à signaler rapidement tout élève présentant des signes suspects.
L’autorité éducative se veut toutefois rassurante sur la maîtrise de la situation. Elle affirme que les services compétents suivent l’évolution des cas et travaillent avec les acteurs de la riposte afin d’empêcher une extension de la maladie dans le milieu scolaire.
La contamination de ces élèves pose néanmoins la question de la capacité du système éducatif à maintenir les activités scolaires tout en garantissant la sécurité sanitaire des enfants. Dans une province où l’épidémie reste active, la surveillance aux portes des écoles, l’orientation rapide des élèves présentant des symptômes et la sensibilisation des familles apparaissent comme des éléments essentiels pour éviter que les établissements ne deviennent de nouveaux foyers de transmission.
Joël Heri Budjo