Le Coordonnateur humanitaire des Nations-Unies en République Démocratique du Congo, M. Bruno Lemarquis, a fermement condamné l'intensification des combats au Sud-Kivu et a lancé un appel pressant pour la protection immédiate des civils.
Depuis le 02 décembre, des affrontements impliquant des armes lourdes et des bombardements ont touché des zones densément peuplées dans les territoires d'Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe.
- Victimes tragiques : Les rapports préliminaires font état d'au moins 74 personnes tuées (majoritairement des civils) et de 83 blessés admis dans les hôpitaux de Sange et Walungu ;
- Violations du DIH : des attaques contre des infrastructures civiles, comme des écoles, ont été signalées, constituant de graves violations du droit international humanitaire (DIH) ;
- Appel Urgent : M. Lemarquis a déclaré être « profondément attristé » et a exigé l'arrêt immédiat de l'utilisation d'armes explosives dans les zones habitées, rappelant que « les civils et les infrastructures civiles ne sont pas des cibles ».
Cette nouvelle vague de violences a provoqué des mouvements massifs de la population.
- Déplacements internes et Transfrontaliers : Plus de 200 000 personnes se sont déplacées à l’intérieur de la province depuis le 02 décembre. Des milliers d'autres ont fui vers le Burundi et le Rwanda ;
- Conditions Critiques : Les personnes déplacées sont confrontées à des conditions de vie extrêmement précaires : surpeuplement des abris, risques accrus de violences basées sur le genre, propagation d’épidémies et accès limité aux soins. Cette crise s'ajoute aux 1,2 million de déplacés internes déjà présents dans la province.
M. Lemarquis a exhorté toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations au titre du DIH :
- Garantir la protection des civils ;
- Respecter la distinction dans les opérations militaires ;
- Garantir un accès sûr, rapide et sans entrave aux acteurs humanitaires pour acheminer l'assistance vitale, y compris les soins aux blessés.
Le Coordonnateur humanitaire a par ailleurs salué l'entérinement de l'accord de Paix du 04 décembre à Washington entre les Présidents de la RDC et du Rwanda, le considérant comme un « pas important » vers la paix, soulignant toutefois la nécessité que les violences cessent immédiatement et que les engagements se traduisent par des actions concrètes sur le terrain.
Les acteurs humanitaires, qui ont déjà assisté 1,5 million de personnes entre janvier et septembre, sont prêts à intervenir dès que les conditions sécuritaires le permettront.
Gloiredo Ngise