Nord-Kivu : Reprise des affrontements entre le M23 et les FARDC à Rangira dans le Rusthuru
Un regain des violences a eu lieu jeudi 20 octobre en début d’après-midi entre les Forces Armées de la RDC et les rebelles du mouvement du 23 mars à Rangira et Rwanguba, deux villages situés dans le groupement de Jomba dans le territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.
Contrairement aux informations partagées par certains médias et certaines personnes, des sources militaires congolaises affirment que ces violents combats ont éclaté suite à une attaque des assaillants du M23 contre les positions de l’armée régulière dans cette partie du pays.
Cette information a été confirmée à CONGORASSURE.CD par un officier supérieur des FARDC et plusieurs sources concordantes de la société civile de Rutshuru qui indiquent également que l’armée congolaise a été attaquée à Rangira dans le groupement de Jomba par des rebelles du M23 basés sur la colline de Shwema dans le groupement voisin de Bweza.
Les mêmes sources confirment également la reprise des affrontements tôt ce vendredi matin dans plusieurs agglomérations dont Rwanguba. Pour l’instant, il s’observe une panique totale dans le chef de la population de la zone, qui a pris la route de l’exode en direction de Rutshuru-centre.
Après une riposte musclée des FARDC, les rebelles de ce mouvement soutenu par le Rwanda ont lancé des messages d’avertissement accusant les militaires congolais d’avoir lancé des attaques contre leurs positions, selon des sources des FARDC. Cette version de l’ennemi a également été démentie par le comité du conseil territorial des jeunes de Rutshuru.
Pour le moment, aucun bilan sur ces affrontements n’a été rendu disponible. De son côté, le porte-parole de ces opérations au sein des forces armées congolaises se réserve encore de toute communication à ce sujet. Toutefois, le colonel Guillaume Ndjike Kaiko promet de faire une déclaration dans les prochaines heures.
Par ailleurs, accusés d’avoir été les premiers à engager les hostilités, les rebelles du M23 ont ressorti leur version du 14 octobre, accusant une nouvelle fois les FARDC d’avoir eu recours jeudi aux groupes rebelles des FDLR, APCLS, MAI-MAI et NYATURA pour attaquer sa position à Rangira.
Malgré les accusations de la société civile et des sources de l’armée, le groupe rebelle explique qu’il est « en position de légitime défense et annonce qu’il répondra vigoureusement et professionnellement à ces attaques jusqu’à faire taire ces armes où qu’elles se trouvent et protégera la population civile et ses biens ».
Le M23 qui réitère son engagement en faveur d’un dialogue direct avec le gouvernement de Kinshasa, afin de résoudre les causes profondes de la crise sécuritaire à l’Est, déplore le fait que le gouvernement ait catégoriquement refusé son offre de dialogue, tel que recommandé par le Secrétaire Général des Nations Unies, les Chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine et l’Union Africaine.
Il convient de noter que les affrontements entre les deux parties, qui ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de la population, interviennent après plus de trois mois d’accalmie précaire dans la zone des combats. Ces combats surviennent quelques jours seulement après une alerte de la notabilité de ce territoire sur des débordements imminents des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda pour couper la route nationale n°2 reliant la ville de Goma au reste des entités situées au Nord de la ville touristique.