Guerre contre le M23 : La coordination de la société civile du Nord-Kivu veut la construction d’un mur d’au moins 10 mètres de haut entre la RDC et le Rwanda
Les représentants de la population du Nord-Kivu au sein des Forces vives demandent au Président de la République d’initier l’érection d’un mur entre la République démocratique du Congo et son voisin belliqueux, le Rwanda. Ils estiment que cette partie du pays fait face à un plan kurde qui est déjà en exécution pour une occupation étrangère programmée et progressive.
Alors que les combats se poursuivent au Nord-Kivu entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda et l’Ouganda, la coordination de la société civile de cette province est montée sur scène le mercredi 23 novembre 2022. Si cette structure a appelé d’urgence à la fin de la guerre oubliée dans l’est de la République démocratique du Congo, elle a également demandé au président Tshisekedi d’instruire le gouvernement de la République de lancer le projet de construction d’un mur d’au moins 10 mètres de haut entre la RDC et le Rwanda.
Le Rwanda et l’Ouganda, auteurs de plusieurs crimes odieux en RDC
La coordination de la société civile du Nord-Kivu insiste sur le fait que la lecture de l’histoire récente sur toutes les aventures criminelles du Rwanda, à commencer par son soutien à l’AFDL, en passant par le RCD dirigé par Azarias RUBERWA et le CNDP sous l’égide de Laurent NKUNDA ainsi que le M23 avec Bosco NTAGANDA et Sultani Makenga, démontre que lors du passage de ces rébellions dans la Province du Nord-Kivu comme épicentre, plusieurs crimes odieux ont été enregistrés.
La structure citoyenne cite notamment les assassinats des leaders religieux, des leaders de la société civile, des leaders communautaires, des grands commerçants, de certains acteurs politiques influents et des notables, l’incendie des villages et des véhicules transportant des personnes et des biens. La structure citoyenne parle également de viols et de recrutement d’enfants ainsi que de la mise en place d’une politique d’opposition entre les communautés de l’est de la RDC. Cette liste élaborée par la société civile comprend également la destruction d’écoles suivie de l’incendie des archives scolaires, de structures sanitaires suivie de l’incendie des archives du Bureaux d’Etat Civil et de centrales hydroélectriques, l’organisation de crimes de masse comme celui du marché de Mugogo dans le Groupement de Busanza en territoire de Rutshuru.
Un autre drame souligné par la Coordination des Forces Vives est l’enterrement dans des fosses communes de milliers de Congolais tués innocemment, notamment dans le Territoire de Rutshuru (Pena/Kiringa, Kabaraza, Mugogo, Buchoko, Gatagara, Nyabirehe, Kinyamahura, Kirgyamo, Nyabiteja, Musereka, Karambi, Kazuba, Bukombo), dans le Territoire de Nyiragongo (Kalangala, Ngobera, Ruhunda, Kitotoma, Stade Rusayu, mosquée de Kibumba, Kabindi à Kibumba, Hehu, Rulimba, Burambo, Kinogo, Murambi, Murimugezi), dans le territoire de Masisi (Kanyundo, Kausa, Kasopo, Nyabyondo, Kahongole, Kisuma, Tebero, Nyalipe, Nambi), dans le territoire de Lubero (Kisaka, Miriki, Luhanga, Luofu), dans le territoire de Walikale (Busurungi, Shalio, Kirundu, Tingitingi, Bunyakiri), dans le territoire de Beni et dans la ville de Butembo.
La structure citoyenne déplore par ailleurs l’accord de paix de Goma de 2008, qui a établi l’intégration et le mixage sans contrôle préalable dans l’armée régulière des éléments proposés par les groupes armés qui ont pris part au processus de paix de Goma. Pour eux, dans la continuité d’une longue série d’événements, il faut conclure que l’Est de la RDC en général et la Province du Nord-Kivu en particulier fait actuellement face à “un plan kurde et déjà en exécution pour une occupation étrangère programmée et progressive qui est sur le point de causer plus ou moins dix millions de morts”.
En plus de cela, les forces vives déplorent aussi qu’en 2019 le M23/RDF a ressuscité de ses cendres de 2013 dans les pays qui ont accueilli ses combattants, et ce, au mépris des accords de sécurité mutuelle entre la RDC et le Rwanda d’abord et l’Ouganda et la RDC à travers l’accord cadre d’Addis-Abeba. Elles soutiennent que la stratégie appliquée par ces deux pays reste “le massacre des masses, l’infiltration du système de défense et de sécurité et de l’administration publique”. Selon celles ci, il est aussi déjà question de falsifier l’histoire des populations de l’Est en brûlant les archives des écoles, des hôpitaux, des églises et des bureaux d’état civil et en achetant de grandes surfaces dans les villages où les populations ont été massacrées ou chassées par la guerre.