Nord-Kivu : Les femmes et enfants déplacés sont victimes de plusieurs cas de tracasserie dans la Bwito, selon une structure citoyenne
La structure citoyenne « HAKI NA AMANI » alerte sur la situation déplorable accompagnée de tracasserie de toutes sortes dont sont victimes de nombreuses femmes et leurs enfants sur le site des déplacés de la guerre actuelle entre les rebelles du M23 et les forces armées de la RDC dans plusieurs coins du territoire de Rutshuru.
Ces personnes déplacées, constituant un total de 38 familles, sont logées à la paroisse catholique de KALONGE à Kibirizi dans la chefferie de Bwito. Parmi ces ménages, 32 sont constitués de personnes à charge des militaires, séparés de leurs responsables en opération sur différents fronts contre les forces rebelles.
Selon Achille Luendo, qui livre cette information, ces femmes et enfants subissent plusieurs cas de torture de la part de certains militaires chaque fois qu’ils reviennent du front pour rendre visite à leurs familles respectives.
« La plupart du temps, ces soldats arrivent ivres et commencent à troubler l’ordre public dans ce site. Ils s’en prennent directement à leurs femmes et à leurs enfants, généralement avec des violences physiques. Nous dénonçons cela car cela met en danger ces victimes, en plus de la situation des déplacés qu’ils vivent », déclare Achille Luendo.
Les responsables de cette structure invitent les autorités militaires à rappeler à l’ordre certains éléments des FARDC qui sont impliqués dans cette pratique qui, selon eux, va à l’encontre du respect des droits des femmes et des enfants.
En outre, ils suggèrent que ces militaires ne soient plus autorisés à pénétrer dans les zones à forte concentration de civils avec leurs armes à feu alors qu’ils reviennent du front avec tous les traumatismes liés à la guerre qu’ils doivent sûrement avoir.
Pour les dirigeants de « HAKI NA AMANI », respecter cette suggestion permettrait d’éviter que des cas probables de blessures par balle ne se produisent dans ces sites de déplacés.
Concernant le volet humanitaire, cette structure rappelle par ailleurs que ce site de déplacés situé dans la paroisse catholique de KALONGE ne bénéficie d’aucune assistance humanitaire depuis l’intensification des combats à Rutshuru. Ces 38 familles vivent entre désolation et désespoir, mais elles vivent de la charité des chrétiens de cette église bien que les biens collectés n’arrivent pas à couvrir tous les besoins de base de ces déplacés.