Le général kényan, Jeff Nyagah, a démissionné de son poste de commandant de la force régionale de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) le 27 avril. Cette démission intervient suite à des tensions entre Kinshasa et la force régionale de l'EAC, que Nyagah dirigeait.
La cause de ces tensions est en grande partie liée à la gestion de la situation du M23, avec les autorités congolaises reprochant à la force régionale un manque d'action face aux rebelles. Dans une correspondance adressée au diplomate kényan et secrétaire général de l’EAC, Peter Mathuki, Nyagah évoque plusieurs raisons l'ayant notamment conduit à démissionner.
Le général Kenyan qui évoque l'existence d'un plan pour, avance-t-il, “saboter les efforts déployés par la force régionale”, mentionne tout d'abord “une menace sur sa sécurité”, avec des individus l'ayant espionné et surveillé physiquement dans son ancienne résidence. Il accuse également “une campagne médiatique bien orchestrée visant sa personnalité et des fausses accusations concernant la gestion de l'offensive du M23 par la force régionale”.
Nyagah fait également référence aux relations compliquées entre la force régionale de l'EAC et l'armée congolaise, qui a poussé Kinshasa à demander que son poste de commandant devienne rotatif avec un changement tous les trois mois. Il souligne également que “le gouvernement de la RDC refuse de prendre en charge les coûts administratifs liés à la force régionale, rendant ainsi sa mission intenable”.
Cette démission arrive alors que nombreux congolais, notamment ceux du Nord-Kivu, reprochent de plus en plus à la force régionale de l’EAC de ne pas agir contre les rebelles du M23. En effet, depuis plusieurs mois, la force régionale peine à adopter une position offensive contre ces éléments jugés dangereux par les autorités congolaises.
Par ailleurs, la démission de Nyagah est un coup dur pour la force régionale de l'EAC, qui est déjà confrontée à des difficultés de financement de ses opérations et surtout à son acceptation dans l’opinion, nombreux congolais se sentant “trahis” et trouvant la présence de cette force “inutile”. De plus, la situation du M23 reste fragile, avec Kinshasa ne renouvelant pas les statuts de la force régionale qui ont expiré depuis fin mars. La force régionale doit désormais trouver un remplaçant à Nyagah pour mener à bien sa mission. D’un autre côté, le retrait effectif du M23 reste incertain, avec la RDC refusant toute négociation avec les rebelles. La situation semble de ce fait être dans l'impasse pour le moment.
CongoRassure