Dans une interview accordée le mercredi à la chaîne AlJazeera, Bertrand Bisimwa, un des chefs du mouvement rebelle M23, a appelé à un dialogue direct entre son mouvement et le gouvernement congolais dans le cadre du processus de Nairobi.
Selon lui, « tout le monde sait qu’il n’y a plus de groupes armés au Congo. Tous ces groupes armés ont été intégrés dans les FARDC en tant que réservistes. Il n’y a donc plus de groupes armés. »
Cependant, cette demande reste toujours rejetée par Kinshasa, qui maintient une position ferme contre toute négociation directe avec le M23. Les autorités congolaises qualifient ce mouvement de groupe terroriste, le tenant responsable de nombreuses exactions contre les populations civiles dans l’est du pays.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé le mois dernier que « le gouvernement congolais ne négociera jamais avec une organisation terroriste qui a semé la terreur et le chaos dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. La priorité reste la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. »
Cette position ferme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à éradiquer les groupes armés actifs dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Kinshasa insiste sur le fait que le processus de Nairobi, lancé en 2022, doit rester inclusif et se concentrer sur une solution globale impliquant toutes les parties prenantes régionales et internationales, mais excluant toute légitimité accordée au M23.
La déclaration de Bisimwa, minimisant l’existence d’autres groupes armés, est perçue comme une tentative de repositionner le M23 en tant qu’acteur central des négociations, une manœuvre que Kinshasa rejette catégoriquement.
Sur le terrain, les FARDC continuent de mener des opérations pour tenter de neutraliser les bastions du M23, renforcées par le soutien des troupes des jeunes patriotes Wazalendo, combattants issus des différents groupes armés locaux, engagés aux côtés de la force gouvernementales pour afin de défendre l'intégralité territoriale de la RDC. La population locale, victime des exactions de cette rébellion, accueille avec scepticisme toute suggestion de dialogue avec un groupe accusé de crimes de guerre et de violations graves des droits humains.
Alors que la situation reste tendue, la communauté internationale est appelée à soutenir les efforts du gouvernement congolais pour ramener la paix dans l’est du pays, tout en respectant son droit souverain de définir les termes et les conditions de la résolution des conflits.
Diddy Mastaki