Les rebelles du M23 ont récemment pris le contrôle de Walikale, une cité stratégique de la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources minières telles que l'étain et l'or. Cette avancée marque leur progression la plus occidentale depuis le début de leur offensive en janvier.
Le Lieutenant-Colonel Guillaume Ndjike, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, a déclaré que les rebelles se sont précipités pour s'emparer de Walikale en raison de leur soif de piller les minerais Congolais. La ville est située sur une route clé reliant quatre provinces, et sa capture isole davantage les positions de l'armée Congolaise, les rebelles se trouvant désormais à environ 400 km de Kisangani, la quatrième plus grande ville du pays.
Cette offensive intervient malgré les appels à un cessez-le-feu lancés par les Présidents de la RDC et du Rwanda. Les combats ont entraîné des tirs d'artillerie lourde entre les rebelles et les forces armées aux abords de la ville, faisant au moins sept blessés admis à l'hôpital général de Walikale.
Le M23 soutenu par le Rwanda, affirme protéger les populations civiles contre les attaques des forces armées congolaises. Cependant, leur avancée a exacerbé la crise humanitaire dans la région, déjà marquée par la présence de plus de 100 groupes armés et le déplacement de plus de 7 millions de personnes.
La prise de Walikale a également des répercussions économiques mondiales. Alphamin Resources, opérateur de la mine d'étain de Bisie située à environ 60 km au Nord-Ouest de la ville de Goma, a suspendu ses opérations en raison de l'avancée des rebelles, perturbant ainsi la chaîne d'approvisionnement mondiale en étain.
Les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit ont été entravés par le retrait du M23 des pourparlers de paix, invoquant des sanctions internationales imposées à certains de leurs membres par l'Union Européenne. Cette situation complique davantage la recherche d'une solution pacifique à l'escalade de la violence dans l'Est de la RDC.
Diddy MASTAKI