La liberté d'expression pour les journalistes reste un droit fondamental comme tous les autres d'un être humain, automatiquement pour toute personne exerçant dans ce métier, ce qui n'est pas d'application sur plusieurs chevaliers de la plume en province du Nord-Kivu, plus particulièrement sur les journalistes déplacés, ayant fui les affrontements qui opposent les rebelles du M23 aux Forces Armées de la RDC.
Célébrée le 03 mai de chaque année, « la liberté de la Presse n'est pas totale à l'égard des professionnels des médias qui ont fui la guerre, il y a des limites par rapport à l'information, à la communication et à la profession du journalisme », souligne Eugène Rwanze, journaliste à la RTNC sous-station de Rutshuru et actuel rédacteur en chef de la Synergie “Sauti ya Wahami”, regroupant tous les journalistes déplacés venus des territoires de Rutshuru et Masisi.
En ville de Goma où ils se trouvent depuis six (06) mois maintenant, Eugène Rwanze souligne qu'ils ne jouissent pas de la liberté pour parler de toute situation dans leurs zones d'origine, tout simplement parce que la sécurité ne les couvre pas en entièreté.
« Nous n'avons pas de garantie sécuritaire pour être libres de traiter des sujets sensibles liés à la sécurité dans la région », a-t-il fait savoir à la rédaction de Congorassure.cd.
Pour ce professionnel de média, la célébration de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse reste importante, mais avec un accent particulier, c'est-à-dire, il ne suffit pas de la célébrer en terme d'une fête dans son sens, mais plutôt une journée bénéfique aux journalistes de la région en général et ceux des déplacés en particulier, de revoir leur façon de travailler pour décrocher cette liberté. Elle doit donc être une journée d'interpellation, de réflexion, de renforcement mutuel pour voir comment traiter en toute liberté les différents sujets d'information.
Le coordonnateur de la Synergie “Sauti ya Wahami” renseigne que, seules les informations relatives à la vie des déplacés sont traitées dans leur structure pour faire un plaidoyer médiatique en leur faveur, des questions politiques ou de développement ne sont donc pas traitées. Travailler sur un sujet sécuritaire, aucun impact, car ne pouvant pas affecter leurs compatriotes qui sont dans des sites, et d'autres qui sont restés dans les zones.
« Il y a des cas à déplorer », rapporte Eugène Rwanze qui souligne qu'il y un membre de leur synergie, dont le Directeur de la Radio La Voix de Mikeno émettant depuis la cité de Bunagana qui a disparu depuis le 24 février dernier dans des circonstances qui restent inconnues et qui jusqu'à présent aucune de ses nouvelles, mais la confiance reste dans leur camp pour le retrouver sain et sauf malgré les jours qui commencent à être incalculables.
La Synergie “Sauti ya Wahami” par la bouche de son coordonnateur, appelle les belligérants à avoir la culture de faciliter les journalistes à accéder sans n'importe quelles conditions à l'information, que ça soit dans les zones en conflits, que ça soit dans les zones qui semblent être sécurisées bien que la paix n'est pas garantie dans la région. Que les autorités travaillent à côté des journalistes et les accompagnent pour cette fin, ainsi traiter à leur niveau, des questions qui affectent le métier du journaliste et ne pas voir avec un autre œil son travail, l'accompagner même lorsqu'il peut y avoir des petits soucis de dérapage, car aucun travail n'a jamais été parfait, sans commentaire ou sans imperfection.
S'agissant de la loi Muyaya, c'est une bonne chose d'autant plus qu'elle doit encourager les journalistes de rester professionnels, mais pendant ces temps-ci, aux autorités de voir comment faciliter les journalistes dans leur carrière qui n'est pas aussi facile que ça.
Emmanuel MWENE, Goma