Plusieurs familles viennent d’être déguerpies de leurs maisons au quartier Mapendo à la célèbre place TZEF en commune de Goma dans la partie Est de la RD Congo.
C’est depuis tôt le matin du vendredi 05 mai courant qu’une légion des policiers a été déployée sur place pour exiger à la population de quitter cet espace au profit d’un particulier bien que cette concession soit reconnue comme une propriété de la poste de Goma, donc du ministère Congolais de la poste et télécommunication.
La population de cette contrée qui a vu naître la ville de Goma a tenté de résister face à cette pression subite de la police, mais sans succès. Dans leurs déclarations, ces habitants qui ont longtemps vécu dans cette concession disent n’avoir pas autre part où aller et surtout stupéfaits de voir un particulier non connu surgir de nulle part pour réclamer la propriété de cet espace d’environ un hectare alors que c’est le gouvernement Congolais qui devait se présenter dans cette affaire.
« Nous ne savons pas ce qui se passe ici réellement. Nous avons seulement vu des policiers venir démolir nos maisons. Qu’ils nous disent où amener nos enfants. Nous sommes à ce moment jetés dans la rue avec nos enfants comme des chiens. Je suis ici depuis plus de 20 ans et c’est aujourd’hui qu’on vient me dire que je ne suis pas ici chez moi », réagit une habitante en toute désolation.
De son côté, une autre mère de douze enfants ne sait plus rien faire pour trouver un abri à ses enfants après plus de 45 ans passées à TZEF. La seule chose pour elle est d’aider les jeunes à résister contre la police avec l’espoir de se retrouver dans sa maison.
« Nous sommes en train de manifester contre la démolition de nos maisons alors que nous avons acheté ces parcelles. Les policiers sont entrés dans nos maisons tôt le matin et ont tabassé nos enfants, cassé tout ce qu’ils rencontraient devant eux pour nous forcer de quitter. Nous ne savons pas celui qui réclame la propriété de cet espace. J’ai 45 ans ici. Je suis née à TZEF, grandie ici jusqu’à avoir 12 enfants ici même. Il y a seulement trois jours depuis qu’ils ont commencé à nous demander de sortir et subitement ils viennent démolir nos maisons or, nous n’avons pas ou aller avec nos enfants », s’indigne-t-elle.
Selon elle, le gouvernement provincial ne devait pas mettre en exécution une telle mesure alors que la population de Goma est encore sous trauma de la guerre du M23. Pour ces habitants, le même gouvernement se trouve jusqu’à présent d’assurer la prise en charge des milliers de déplacés qui souffrent dans différents camps de la ville à côté de la situation sécuritaire qui reste fragile et vient ajouter un autre problème. Cela risque de créer une nouvelle guerre dans cette ville suite à un cœur dur qu’il crée dans la masse de jeunes qui se voient chasser comme des chiens de leurs propres maisons.
Pour nombreux d’entre ces habitants, le gouvernement doit agir comme un bon père de famille et leur laisser un moment de se réorganiser pour se trouver ou aller en toute sécurité.
Suite à cette pression policière qui arrêtait tout le monde qui tentait de s’opposer à ce déguerpissement, les activités économiques ont été momentanément paralysées dans le centre de Birere suite à une manifestation de colère sporadique qu’ont organisé les jeunes de ce quartier. Mais tout à vite été maîtrisé par usage des grenades à gaz lacrymogènes et plusieurs coups de sommation à balle réelle qui ont retenti tout l'avant-midi dans le célèbre marché Birere.
Diddy MASTAKI, Goma