Vingt (20) journalistes venus des villes de Bunia en Ituri, Beni et Butembo au Nord-Kivu ont pris part à un atelier de formation sur la vérification des faits et l’usage responsable de l’intelligence artificielle. Organisé du 12 au 13 novembre à l’hôtel Royal de Beni, ce renforcement de capacité a bénéficié le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Cette session vise à renforcer les capacités des professionnels des médias pour mieux lutter contre la désinformation dans un contexte marqué par les conflits armés et la circulation massive de fausses nouvelles.
Durant deux (02) jours, les participants ont exploré plusieurs thématiques clés, notamment l’introduction à la vérification des faits, l’histoire du fact-checking, les concepts fondamentaux et les pratiques d’identification des fake news sur les réseaux sociaux. Des exercices pratiques ont eu lieu pour permettre de s’initier à la rédaction d’articles de vérification et à l’utilisation d’outils numériques de vérification d’images et de vidéos. Une attention particulière a été accordée à l’impact et aux défis posés par l’intelligence artificielle dans le travail journalistique.
La formatrice principale, Ange Kasongo, directrice de Balobaki Check, a souligné l’importance d’un tel renforcement des capacités dans une région confrontée aux tensions et à la désinformation.
« Nous sommes dans une région marquée par la guerre. Il est donc essentiel que les journalistes renforcent régulièrement leurs compétences afin d’exercer pleinement leur rôle social entre la communauté et les décideurs. Sans esprit critique et sans formation adéquate, il leur sera difficile de fournir une information de qualité », a-t-elle déclaré.
Abordant la question de l’intelligence artificielle, Mme Kasongo a mis en garde contre ses dérives possibles.
« L’intelligence artificielle est un enjeu majeur. Si le journaliste ne sait pas l’utiliser à bon escient, la communauté aura du mal à distinguer le vrai du faux, ce qui peut fragiliser la paix sociale et la cohésion nationale », a-t-elle ajouté.
Cet atelier s’inscrit dans une dynamique régionale de lutte contre la désinformation, particulièrement dans l’Est de la RDC, où la circulation d’informations non vérifiées alimente souvent la méfiance et la division au sein des communautés. En formant les journalistes a mieux détecté, analyser et corriger les fausses informations, le CICR et ses partenaires entendent contribuer au renforcement du professionnalisme et de la responsabilité sociale des médias locaux.
Joël Heri Budjo