Plus de 9 cas d'incendies en 72 heures à Goma et Nyiragongo. Maisons calcinées, familles à la belle étoile, camions anti-incendie en retard. La société civile tire la sonnette d'alarme.
La ville de Goma et le territoire de Nyiragongo font face à une recrudescence alarmante des incendies. En l'espace de trois jours seulement, du 11 au 14 septembre 2026, plus de 9 cas ont été enregistrés.
Selon nos informations, entre le 11 et 12 septembre, au moins 6 cas d'incendies ont été déclarés dans les quartiers Kyeshero, Katoyi, Majengo et Kasika à Goma, ainsi qu'à Ngangi, proche de la ville. Bilan : plus d'une quinzaine de maisons parties en fumée et d'importants dégâts matériels. L'origine des feux reste non élucidée.
Le phénomène s'est poursuivi dimanche 14 septembre. Trois autres cas ont été signalés dans le territoire de Nyiragongo, précisément dans les villages de Ngangi 3, Kiziba 2 et à l'entrée Président dans la commune de Karisimbi. Là aussi, plusieurs habitations et tous les biens qu'elles contenaient ont été ravagés.
Une population déjà vulnérable, doublement victime
Joint par CongoRassure.cd, Jules Ngeleza, acteur de la société civile dans la zone, se dit consterné. Pour lui, ces drames à répétition endeuillent, paupérisent les familles et détruisent leur équilibre psychologique.
« Elles ne savent plus sur quel pied danser dans une situation marquée par la fermeture des banques et la persistance de l'insécurité auxquelles sont confrontées les pauvres populations dans ces zones occupées par les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda », déplore-t-il.
L'acteur regrette surtout la lenteur d'intervention des véhicules anti-incendie qui peinent à être mis en marche rapidement pour limiter la propagation du feu.
Cet incident relance le débat sur le fonctionnement de la protection civile à Goma et l'absence criante des sapeurs-pompiers, dont un nombre important a quitté la ville pour des raisons sécuritaires.
Appel à des enquêtes indépendantes et à la solidarité
Pour cet activiste des droits humains, ce phénomène récurrent qui cause des dégâts collatéraux importants « taraude les esprits ».
Il plaide pour diligenter des enquêtes indépendantes par les organisations internationales intervenant dans la protection civile, afin d'éclairer l'opinion sur les causes réelles de cette flambée d'incendies à Goma et Bukavu et d'en dégager les responsabilités.
Il appelle les personnes physiques et morales de bonne volonté à la solidarité, car de nombreuses familles dorment désormais à la belle étoile, privées de biens essentiels.
Enfin, il recommande de multiplier et d'équiper les casernes anti-incendie dans les zones à forte concentration de population à Goma et Nyiragongo, et de former les communautés locales à la gestion des risques d'incendie.
Rédaction