Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a réaffirmé, jeudi 30 avril à Kinshasa, sa volonté de faire de l’éducation et de la formation un droit effectif pour tous, mais aussi un levier essentiel de cohésion sociale, de paix et de développement durable. Cette ambition a été exprimée à l’occasion du segment politique de haut niveau d’avril 2026, consacré au financement durable du secteur.
Réunissant autorités publiques, partenaires techniques et financiers, représentants du secteur privé, de la société civile et des communautés éducatives, la rencontre a permis de rappeler le caractère fondamental de l’éducation, consacré par la Constitution et les engagements internationaux du pays. Les participants ont insisté sur son rôle central dans la construction du capital humain, la promotion de la justice sociale et la transformation durable de la nation.
Si les avancées enregistrées ces dernières années ont été saluées notamment la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire et l’élargissement de l’accès à l’éducation, les intervenants ont également mis en lumière la persistance de défis majeurs. Le système éducatif Congolais demeure confronté à un financement insuffisant, à des difficultés liées à la qualité des apprentissages, à des inégalités d’accès, ainsi qu’à des enjeux de gouvernance, d’employabilité des jeunes et de résilience face aux crises.
Face à ces contraintes, les parties prenantes ont plaidé pour des réformes structurelles fondées sur des choix stratégiques clairs. Elles ont notamment appelé à une meilleure efficacité des dépenses publiques, à une coordination renforcée des financements et à une exigence accrue de redevabilité.
Dans cette perspective, le gouvernement et ses partenaires se sont engagés à augmenter progressivement les ressources allouées au secteur, tout en veillant à leur utilisation efficace et équitable. La diversification des mécanismes de financement et une meilleure orientation des investissements vers les priorités éducatives figurent également parmi les axes retenus.
La consolidation de la gratuité de l’enseignement primaire reste une priorité, avec un accent particulier sur la qualité et la soutenabilité du dispositif. Toute extension de l’éducation de base obligatoire devra toutefois tenir compte des capacités budgétaires et institutionnelles du pays.
Les engagements portent aussi sur l’amélioration de la gouvernance du système éducatif, à travers un pilotage renforcé, une meilleure articulation entre les niveaux central et provincial, ainsi qu’une production régulière de données fiables pour éclairer la prise de décision.
Par ailleurs, un effort accru sera consacré à la qualité des apprentissages : formation et professionnalisation des enseignants, révision des programmes, disponibilité des ressources pédagogiques et évaluation des acquis des élèves. L’inclusion et l’équité demeurent au cœur des priorités, avec une attention particulière accordée aux populations vulnérables et aux zones affectées par les crises.
Les participants ont également souligné le rôle stratégique de la formation professionnelle, de l’alphabétisation, de l’éducation non formelle, de la recherche scientifique et du numérique éducatif comme leviers de transformation économique.
Un appel a été lancé aux partenaires techniques et financiers pour un appui renforcé et mieux aligné sur les priorités nationales, ainsi qu’au secteur privé, à la société civile et aux communautés pour une implication accrue.
Enfin, les parties prenantes ont décidé d’endosser les orientations issues de la revue de la stratégie sectorielle de l’éducation 2016-2025 et de lancer l’élaboration d’une stratégie intérimaire pour la période 2026-2030. Celle-ci servira de cadre de référence pour la planification, la mobilisation et l’utilisation des ressources, ainsi que pour le suivi des engagements collectifs.
Gloire Malumba