L’Association culturelle ENTE annonce la suspension de sa participation au mécanisme de dialogue intercommunautaire pour la paix en Ituri.
En cause, la persistance des violences attribuées à la milice URDPC/CODECO contre les populations civiles, particulièrement celles de la communauté Hema, dans le territoire de Djugu. L’association réclame des mesures urgentes pour garantir la sécurité des habitants.
Dans un communiqué publié mardi 13 octobre à Bunia, le directoire national de l’Association culturelle ENTE exprime sa profonde préoccupation face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le territoire de Djugu.
Son président national, Me Jean-Claude Ngadjole Ate enyi, déplore la poursuite des violences malgré les nombreuses initiatives de sensibilisation et les rencontres intercommunautaires organisées dans le cadre des efforts de pacification de la province.
L’association dénonce notamment des tueries sur les axes routiers et dans les sites de déplacés, des pillages, des vols de bétail, des incendies, des destructions de champs ainsi que des viols collectifs. Des exactions qu’elle attribue principalement à la milice URDPC/CODECO.
Des engagements de paix restés sans effets concrets
ENTE pointe également le non-respect présumé des engagements pris à Aru 2 par plusieurs groupes armés, dont la CODECO. Ces engagements prévoyaient notamment la cessation des tueries, la libre circulation des personnes et de leurs biens, ainsi que le retour des chefs coutumiers dans leurs entités d’origine.
Pour l’association, la persistance des violences sur le terrain soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des mécanismes de dialogue mis en place pour favoriser la réconciliation entre les communautés.
Malgré les différentes rencontres organisées entre les responsables communautaires et les démarches entreprises au sein du Groupe d’interaction intercommunautaire pour la pacification et la paix (GIIPP), ENTE estime que les résultats demeurent largement insuffisants au regard des attentes des populations.
Le directoire national regrette, par ailleurs, ce qu’il considère comme un accompagnement insuffisant de l’État dans les efforts de pacification. Selon lui, cette situation fragilise le fonctionnement du mécanisme et limite sa capacité à contribuer efficacement au rétablissement d’une paix durable.
ENTE conditionne son retour au dialogue à des avancées concrètes
Face à cette situation, l’Association culturelle ENTE a décidé de suspendre sa participation aux activités du GIIPP jusqu’à la mise en place de solutions concrètes répondant aux préoccupations sécuritaires des populations concernées.
À travers cette décision, l’organisation entend attirer l’attention des autorités sur l’urgence de passer des engagements et des déclarations aux actions susceptibles de produire des résultats tangibles sur le terrain.
Elle appelle ainsi les autorités compétentes à renforcer les mesures de protection des civils, à prévenir de nouvelles attaques et à créer les conditions nécessaires au rétablissement de la confiance entre les communautés.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les initiatives de pacification en Ituri continuent de se heurter à la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones du territoire de Djugu.
Le communiqué ne fournit toutefois aucun bilan chiffré des victimes des violences dénoncées. Aucune réaction de la CODECO à ces accusations n’y est également rapportée.
Joël Heri Budjo