C'est la fin d'un calvaire de 3 mois. Le réseau de télécommunication Vodacom est de retour le mercredi 07 octobre dans la ville de Baraka et ses environs, dans le territoire de Fizi, Province du Sud-Kivu.
Après plus de trois mois d'isolement total, les téléphones ont de nouveau sonné à Baraka. Un soulagement immense pour des milliers d'habitants coupés du monde.
Ce rétablissement intervient à seulement cinq (05) jours de la marche pacifique annoncée par le collectif de la société civile et des mouvements citoyens pour le lundi 12 octobre. L'objectif principal de cette manifestation était justement de réclamer la réouverture des réseaux téléphoniques et des réseaux sociaux.
Avec ce retour, la question se pose : la marche sera-t-elle maintenue ? Pour les organisateurs, l'enjeu n'est plus seulement la reconnexion, mais d'exiger des garanties fermes des autorités et des opérateurs contre toute nouvelle coupure arbitraire.
Une coupure qui a fragilisé toute une économie
Pendant plus de 90 jours, Baraka a vécu à l'arrêt. Sans réseau, c'est toute la vie quotidienne qui s'est effondrée : Pas de M-Pesa, ni d'Airtel Money ou Orange Money. Or, à Fizi-Baraka, des milliers de familles vivent uniquement grâce aux transactions monétaires. Les commerçants ne pouvaient plus être approvisionnés, les enseignants et les agents de l'Etat ne pouvaient pas recevoir leurs salaires, les malades ne pouvaient pas recevoir l'argent pour les soins. Les familles séparées entre Baraka, Uvira, Bukavu et les camps de déplacés étaient sans nouvelles.
Pas d'appels, pas de WhatsApp. Les journalistes ne pouvaient plus informer, les alertes sécuritaires ne circulaient plus, les activités des ONG humanitaires étaient paralysées.
« On est revenu au temps de la poste à pied. Pour envoyer 10.000 FC à sa famille, il fallait faire 15 km à pied jusqu'à trouver un petit coin de réseau », témoigne un habitant de Baraka-Centre.
Aujourd'hui le réseau est là, mais les traces de ces trois mois de coupure restent profondes. Commerces fermés, dettes accumulées, familles plongées dans la précarité.
Si le retour du signal est salué, la société civile prévient : le combat pour le droit à la communication garanti par la Constitution continue.
David Aluta