Le processus diplomatique visant à mettre fin au conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo se poursuit sur plusieurs fronts. Devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, a présenté mardi l’état d’avancement des différents mécanismes de paix, notamment les processus de Washington, de Doha et de l’Union Africaine.
122 ex-combattants FDLR rapatriés au Rwanda
Dans le cadre du processus de Washington, la MONUSCO accompagne les efforts de désarmement, démobilisation et rapatriement des anciens combattants des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).
Selon les éléments présentés à l’ONU, 122 anciens combattants et leurs personnes à charge ont été rapatriés vers le Rwanda depuis le camp de transit de la MONUSCO dans la région de Saké.
Les données disponibles dans le dernier rapport du Secrétaire général faisaient état de 120 anciens combattants FDLR et autres ex-combattants étrangers ainsi que leurs dépendants rapatriés le 8 septembre. La MONUSCO avait auparavant indiqué que son dispositif de transit accueillait des ex-combattants et leurs familles dans le cadre de son programme DDR/RR.
Cette opération intervient alors que Kinshasa et Kigali poursuivent la mise en œuvre de leurs engagements dans le cadre du processus de Washington. La question du désarmement et de la neutralisation des FDLR demeure l'un des dossiers sensibles des relations entre les deux pays.
Sur le deuxième front diplomatique, celui de Doha, les discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 se poursuivent après leur relance au cours de l’année.
La MONUSCO a notamment apporté son appui aux premières missions du Mécanisme conjoint de vérification élargi « plus » (EJVM+), destinées à vérifier le respect du cessez-le-feu sur le terrain.
Les missions conduites à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu, constituent, selon les éléments présentés au Conseil de sécurité, une étape importante dans la mise en place d’un mécanisme crédible de surveillance du cessez-le-feu.
Le Conseil de sécurité suit particulièrement ces mécanismes alors que les affrontements se poursuivent dans certaines zones de l’Est malgré les avancées diplomatiques.
Le troisième axe concerne la médiation menée sous l’égide de l’Union Africaine, avec le président togolais Faure Gnassingbé comme médiateur.
Une rencontre tenue à Gaborone, au Botswana, avait permis d’avancer vers une feuille de route politique destinée à soutenir une solution négociée à la crise dans l’Est Congolais. Les travaux de l’UA prévoient notamment un plan d’action couvrant plusieurs mois.
La présentation de James Swan intervient donc dans un contexte marqué par une multiplication des initiatives diplomatiques, mais aussi par la persistance des violences sur le terrain.
Les Nations-Unies soulignent que les processus de Washington, Doha et de l’Union africaine constituent désormais les principaux cadres de recherche d’une solution politique à la crise Congolaise. La MONUSCO continue, pour sa part, à soutenir les mécanismes de vérification du cessez-le-feu et les opérations liées au désarmement et au rapatriement.
La mission Onusienne reste également engagée dans la protection des civils et dans l’appui aux autorités Congolaises face aux crises sécuritaire et humanitaire. Lors de sa récente tournée dans l’Est, James Swan a notamment réaffirmé à Beni que la protection des populations civiles demeurait une priorité de la MONUSCO.
Diddy Mastaki