Le président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a averti les professionnels des médias contre les risques liés à la désinformation, affirmant que le conflit en cours dans l’Est du pays se joue également sur le terrain de l’information.
Lors d’une conférence de presse diffusée sur la Radio Télévision Nationale Congolaise, le chef de l’État a insisté sur le rôle central des médias dans la formation de l’opinion publique, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante.
Qualifiant cet échange avec la presse nationale et internationale d’exercice de « dialogue direct et de transparence », Félix Tshisekedi a salué l’engagement des journalistes, en particulier ceux qui travaillent dans des zones de conflit souvent difficiles et dangereuses.
Le président a rendu hommage aux professionnels des médias pour leur contribution à la documentation des souffrances des populations et à l’information du public, soulignant que leur mission reste « essentielle à la vie démocratique ».
Cependant, le ton s’est voulu plus ferme lorsqu’il a abordé la question de la désinformation. Félix Tshisekedi a mis en garde contre la manipulation de l’opinion publique, qu’il attribue notamment à des acteurs extérieurs cherchant à influencer la situation en RDC.
« La guerre ne se mène pas seulement par les armes », a-t-il déclaré, évoquant l’usage de la propagande, des fausses informations et des images détournées comme outils de déstabilisation.
Tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, qu’il a qualifiée de « principe fondamental de la démocratie », le président a insisté sur la responsabilité des journalistes. Selon lui, cette liberté doit s’exercer dans le respect de l’éthique, de la vérification des faits et de l’intérêt général.
« Informer ne signifie pas attiser, critiquer ne veut pas dire détruire », a-t-il rappelé, appelant à un journalisme rigoureux et conscient des enjeux nationaux.
Évoquant la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a dénoncé une guerre d’agression marquée par la prédation des ressources naturelles, la déstabilisation des institutions et de graves violations des droits humains, affectant des millions de civils.
Dans un contexte de tensions persistantes, ces déclarations traduisent la volonté des autorités Congolaises de renforcer la vigilance face à la circulation de l’information, tout en réaffirmant l’importance de la liberté de la presse dans l’espace démocratique.
Joël Heri Budjo