Alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue de diviser la classe politique Congolaise, l’avocat Jean-Marie Kabengela se démarque en rejetant toute initiative de changement de la Constitution du 18 février 2006. Il propose plutôt une révision ciblée de la loi électorale de 2011 afin de répondre à certaines préoccupations institutionnelles.
Selon lui, la priorité ne devrait pas être la modification de la Constitution, mais l’introduction de mécanismes juridiques capables de renforcer l’unité nationale et la légitimité des institutions. Il préconise notamment l’instauration d’un « verrou » destiné à mieux protéger l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo face aux menaces sécuritaires récurrentes.
Me Jean-Marie Kabengela estime également que la question de la légitimité du Président de la République mérite une réflexion approfondie. Il souligne que le chef de l’État est souvent élu à la majorité simple des suffrages valablement exprimés, une situation qui, selon lui, peut susciter des contestations dans un contexte politique fortement polarisé.
Sa proposition intervient alors que les discussions sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution alimentent de vifs débats entre la majorité, l’opposition, les organisations de la société civile ainsi que les confessions religieuses. Plusieurs acteurs politiques et sociaux ont déjà exprimé leur opposition à toute réforme constitutionnelle qu’ils jugent inopportune dans le contexte actuel marqué par la guerre dans l’Est du pays et les défis socio-économiques.
En privilégiant une réforme de la législation électorale plutôt qu’une modification de la loi fondamentale, Jean-Marie Kabengela ouvre une autre piste de réflexion sur les moyens de consolider les institutions démocratiques sans toucher aux dispositions constitutionnelles.
Diddy Mastaki