Le député national Iracan Unen Gratien de Saint-Nicolas affirme avoir saisi le chef de l’État et le gouvernement Congolais au sujet de la situation des déplacés de Kigonze, à Bunia, et de Rhoo, dans le territoire de Djugu, en Ituri. Il demande notamment leur protection, une assistance d’urgence et l’ouverture d’enquêtes sur les violences rapportées dans ces deux sites.
Dans un communiqué publié ce lundi 05 octobre 2026, l’élu indique qu’environ 20 000 personnes déplacées ont été chassées du site de Kigonze depuis le 20 septembre. Il évoque également des attaques enregistrées à partir du 26 septembre dans le site de Rhoo et dans des localités voisines du groupement Buku, qu’il attribue à des groupes armés identifiés à la CODECO. Iracan fait état de tirs, d’incendies d’abris, de pillages, d’arrestations et d’enfants séparés de leurs parents. Il avance un bilan de 17 morts.
Selon le député, ces populations avaient déjà fui les violences armées avant de se retrouver de nouveau privées d’abris et de soins. Une situation qu’il juge particulièrement préoccupante dans une province confrontée parallèlement à l’épidémie d’Ebola.
Des démarches auprès des autorités
Face à cette situation, Iracan Unen affirme avoir saisi officiellement le président de la République le 29 septembre 2026, à travers une correspondance référencée 024/IGN/DN/RDC/09/2026. La démarche vise, selon lui, à obtenir le retour sécurisé des déplacés, une assistance urgente aux familles affectées et des éclaircissements sur les événements survenus à Kigonze et Rhoo.
Le parlementaire indique avoir adressé le même jour une autre correspondance au ministre d’État, ministre de la Justice, sous la référence 023/IGN/DN/RDC/09/2026. Cette lettre, enregistrée sous le numéro 18383, demande notamment des enquêtes judiciaires et des poursuites contre les personnes responsables des violences. Des copies ont été transmises au président de l’Assemblée nationale, à la Première ministre ainsi qu’aux ministres concernés.
« Protéger les innocents avec la même détermination »
Dans sa prise de position, Iracan Unen appelle l’État à ne pas dissocier la lutte contre les groupes armés de son obligation de protéger les populations civiles.
« L’État doit combattre la rébellion, les groupes armés, les criminels avec fermeté et protéger les innocents avec la même détermination », soutient-il.
Le député rappelle également que, selon lui, les droits fondamentaux garantis par la Constitution doivent continuer à être protégés, y compris dans le contexte de l’état de siège.
Cette interpellation intervient alors que la situation des déplacés demeure particulièrement sensible en Ituri, où les mouvements de population liés aux violences armées se conjuguent avec les difficultés d'accès aux soins et les impératifs de contrôle de l’épidémie d’Ebola.
L'appel au calme
Iracan Unen appelle enfin la population au calme et à la solidarité envers les familles déplacées. Il affirme vouloir poursuivre le suivi du dossier jusqu'à ce que les faits soient établis et que les responsabilités éventuelles soient déterminées par les mécanismes compétents.
Les chiffres avancés sur les victimes et les circonstances précises des événements restent toutefois ceux communiqués par le député dans sa déclaration. Leur établissement définitif relève des autorités compétentes et des enquêtes qu’il demande d’engager.
Joël Heri Budjo