La Première dame conteste les griefs formulés contre elle et plusieurs membres de sa famille après les perquisitions visant la résidence familiale en Belgique. Cette enquête fait suite à une dénonciation adressée au parquet fédéral belge le 8 juillet 2025 concernant des activités minières dans le Grand Katanga.
Denise Nyakeru réagit, sans détailler sa défense sur le fond. Dans un communiqué transmis jeudi 15 octobre par ses avocats et relayé par l’agence Belga, la Première dame congolaise a exprimé son « étonnement » au lendemain des perquisitions menées dans la résidence familiale en Belgique.
Elle conteste « fermement les griefs qui lui sont adressés, ainsi qu’à plusieurs autres membres de sa famille », tout en assurant qu’elle « collaborera pleinement avec la justice belge ».
Une dénonciation remontant au 8 juillet 2025
Selon les informations rapportées par plusieurs sources concordantes, les perquisitions ont été conduites simultanément à Bruxelles et dans les Brabants flamand et wallon. Elles s’inscrivent dans une instruction pour blanchiment liée à des soupçons concernant des activités de sous-traitance minière en RDC.
À l’origine du dossier figure une démarche engagée par les avocats Bernard et Brieuc Maingain, au nom d’ONG du Katanga et d’anciens directeurs de la Gécamines. Le 8 juillet 2025, Bernard Maingain avait dénoncé auprès du procureur fédéral belge ce qu’il qualifiait de « comportement prédateur de citoyens belges liés au pouvoir à Kinshasa, dans les mines du Grand Katanga ».
Lors d’une conférence de presse organisée le même jour, l’avocat belge avait évoqué un « dépeçage en famille » de l’appareil industriel minier, dénonçant un partage des activités de sous-traitance. Ces accusations visent neuf membres de la famille présidentielle, dont les noms n’avaient pas été rendus publics par les plaignants.
Les soupçons portent notamment sur des contrats de sous-traitance concernant les résidus miniers du Lualaba et du Haut-Katanga. Confiée à un juge d’instruction bruxellois, l’enquête s’intéresse à de présumés flux financiers entre la RDC et la Belgique.
Les avocats des plaignants restent prudents
Interrogé sur les développements du dossier, Bernard Maingain évoque désormais « une affaire d’État », tout en se disant tenu au secret professionnel. Il affirme, comme les autres avocats du collectif de plaignants, ne pas avoir été informé à l’avance des perquisitions.
Me Hervé Diakiese à son tour estime que la saisine d’un juge d’instruction montre que les éléments transmis ont été pris au sérieux. « Cet acte de perquisition démontre que le magistrat instructeur avance dans ses enquêtes », ajoute-t-il, sans préciser l’identité des personnes visées ni les lieux perquisitionnés.
Il sied de noter que les perquisitions constituent des actes d’enquête et ne préjugent pas de la culpabilité des personnes concernées, qui bénéficient de la présomption d’innocence.
Rédaction