Les activités socio-éonomiques ont effectivement repris tôt le matin de ce vendredi 15 mai 2026 dans la ville de Beni, au lendemain de la journée « ville morte » décrétée jeudi par plusieurs mouvements citoyens et groupes de pression pour dénoncer la recrudescence de l’insécurité urbaine ainsi que les massacres des civils attribués aux combattants islamistes des ADF.
Établissements scolaires, commerces, banques et services publics ont progressivement renoué avec leurs activités habituelles, malgré un climat sécuritaire toujours jugé préoccupant par la population locale.
La matinée a cependant été marquée par quelques tensions provoquées par des motocyclistes en colère, qui ont tenté de perturber la circulation dans certaines artères principales de la ville afin d’exprimer leur ras-le-bol face à la multiplication des assassinats visant leurs collègues.
Selon plusieurs sources locales, environ trois motocyclistes ont été tués au cours de cette semaine dans des circonstances encore non élucidées. Dans la plupart des cas signalés, les assaillants emportent systématiquement les motos de leurs victimes après les attaques.
Ce mode opératoire suscite de nombreuses interrogations au sein de la population, certains habitants estimant que ces crimes diffèrent des méthodes généralement attribuées aux combattants des ADF.
« C’est assez. Nous ne pouvons pas continuer à mourir comme des insectes. Ce qui étonne davantage, c’est que le mode opératoire devient totalement différent de celui des ADF. Quand ils attaquent, ils brûlent souvent les motos au lieu de les emporter. Cela pousse plusieurs personnes à croire que l’ennemi est peut-être parmi nous », a déclaré un motocycliste interrogé par notre rédaction.
Outre les assassinats ciblant les conducteurs de motos-taxis, la ville de Beni connaît également ces derniers temps une augmentation inquiétante des incursions de bandits armés dans les habitations.
Des habitants rapportent des cas répétés de cambriolages nocturnes, de vols à main armée, de pillages de biens de valeur ainsi que des actes de torture infligés aux victimes lors des attaques.
Cette situation alimente davantage le sentiment d’abandon et de peur au sein de la population, dans une ville déjà fortement affectée par les conséquences des violences armées dans la région de Beni et de l’Ituri.
Face à cette montée de la criminalité, plusieurs habitants appellent les autorités sécuritaires à renforcer les dispositifs de protection et à mener des enquêtes approfondies afin d’identifier les auteurs de ces actes qui plongent progressivement la ville dans une profonde impasse sécuritaire.
Diddy Mastaki