Faire des revenus issus des ressources minières un investissement durable dans la formation de la jeunesse. C’est le sens du plaidoyer porté par Lotshima Kakima Dieudonné, président de l’Association des étudiants Bindi à Bunia (ASSEBI-BUNIA), qui appelle les autorités de la chefferie des Walendu Bindi à accorder une attention particulière au financement des établissements d’enseignement supérieur et technique de Gety.
Dans une correspondance référencée N°003/ASSEBI-BIA/CE/2026, adressée au chef de la chefferie des Walendu Bindi, Lotshima Kakima Dieudonné et les étudiants qu’il représente demandent notamment l’application rigoureuse de la quotité légale réservée aux communautés locales dans les activités minières. Ils proposent également qu’une partie des revenus issus des transactions minières soit prioritairement orientée vers la modernisation et l’équipement des établissements d’enseignement de Gety. La lettre a notamment été reçue au cabinet du gouverneur de l’Ituri le 25 septembre 2026.
Pour le président de l’ASSEBI-BUNIA, la question dépasse la seule gestion des revenus miniers. Elle touche directement à l’avenir d’une génération appelée à prendre la relève dans le développement de la chefferie. L’association affirme s’adresser à l’autorité coutumière non pas dans une logique de contestation, mais comme une organisation estudiantine souhaitant participer à la réflexion sur l’avenir de son milieu.
De la mine à la salle de classe
Les étudiants s’appuient, dans leur démarche, sur les dispositions du Code minier de la République démocratique du Congo et ses mesures d’application, relatives notamment aux retombées de l’exploitation des ressources au bénéfice des communautés locales.
Ils demandent au chef de chefferie de veiller à l’application de la quotité légale prévue pour les communautés dans les contrats et transactions avec les partenaires miniers opérant dans les Walendu Bindi.
Mais leur principale proposition concerne l’éducation. L’ASSEBI-BUNIA souhaite qu’un prélèvement sur les transactions minières puisse être spécifiquement affecté à la modernisation, à l’équipement et au développement des établissements d’enseignement supérieur et technique de Gety.
Sont particulièrement ciblés l’Institut supérieur pédagogique de Gety (ISP-Gety), l’Institut supérieur des techniques médicales de Gety (ISTM-Gety) et l’Institut technique médical de Gety (ITM-Gety).
À travers cette proposition, Lotshima Kakima Dieudonné défend une vision intergénérationnelle de la gestion des ressources. Dans la lettre, l’association estime qu’une ressource minière peut s’épuiser, tandis que les connaissances transmises à la jeunesse constituent un investissement susceptible de produire des effets sur plusieurs générations.
Appel à une nouvelle gouvernance des ressources
Le président de l’ASSEBI-BUNIA inscrit également ce plaidoyer dans une réflexion plus large sur la gouvernance de la chefferie. L’association évoque certaines pratiques du passé qu’elle juge marquées par un manque de clarté et une prise en compte insuffisante des besoins fondamentaux de la population.
Elle appelle ainsi l’autorité coutumière à saisir l’opportunité actuelle pour renforcer la transparence, l’intégrité et la justice administrative dans la gestion des ressources de l’entité.
La correspondance a été transmise pour information aux députés nationaux et provinciaux originaires des Walendu Bindi, au gouverneur militaire de l’Ituri, à l’administrateur militaire du territoire d’Irumu, aux chefs de groupements, au directeur général de l’ISP-Gety, aux encadreurs des foyers miniers de la chefferie, ainsi qu’à la notabilité Bindi.
Un plaidoyer présenté comme un investissement dans l’après-mine
Pour l’ASSEBI-BUNIA, l’enjeu est donc de transformer une partie des richesses extraites du sous-sol en capacités humaines et institutionnelles. L’objectif affiché est de permettre aux jeunes de disposer des outils nécessaires pour prendre progressivement la relève et contribuer au développement des Walendu Bindi.
Dans sa correspondance, Lotshima Kakima Dieudonné, au nom de l’ASSEBI-BUNIA, se dit convaincu de la disponibilité du chef de chefferie à écouter cette démarche et à œuvrer à l’ouverture d’une nouvelle page pour l’entité.
Joël Heri Budjo