La situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante dans les territoires de Rutshuru et de Nyiragongo, au Nord-Kivu. C'est ce que révèle un rapport de monitoring de deux organisations féminines, après la tuerie d'une dizaine de civils et l'incendie de plusieurs maisons en septembre dernier.
Dans un rapport conjoint consulté par congorassure.cd jeudi 15 octobre, le Programme d'Actions Communautaire des Femmes pour le Développement Intégré (PACOFEDI) et le Réseau des Femmes Ambassadrices et Médiatrices des Territoires pour la Paix (REFAM-TP) affirment avoir documenté au moins 11 morts en septembre dans le territoire de Rutshuru.
Selon le document, sept personnes, dont quatre enfants et deux femmes, ont péri le 12 septembre dans l'explosion d'un engin explosif abandonné à Nyarubara, dans le groupement de Jomba. Le 27 septembre, quatre autres civils ont été tués à Nyamagana, dans le groupement de Busanza, en chefferie des Bwisha.
Le rapport évoque également un incendie survenu le 21 septembre à Rumangabo, dans le groupement de Kisigari, qui a réduit en cendres 15 habitations. Vingt femmes membres de l'association villageoise d'épargne et de crédit « UMOJA NI NGUFU » ont ainsi perdu leurs économies et leurs outils de gestion, indiquent les deux organisations.
Dans le territoire de Nyiragongo, notamment en groupement de Mudja et aux abords du Parc National des Virunga, les organisations signalent des menaces sécuritaires persistantes caractérisées par des cambriolages, des vols de bétail, des tueries et des incendies.
Face à cette situation, le PACOFEDI et le REFAM-TP appellent au renforcement de la sensibilisation de la population aux dangers des restes d'explosifs de guerre. Elles plaident pour une assistance urgente en faveur des ménages sinistrés de Rumangabo et recommandent l'amélioration de la coordination des mécanismes de protection des civils.
Martin Leku