Embuscade meurtrière des ADF en territoire de Beni, le chauffeur n’a pas respecté les consignes des services de sécurité (Armée)
Au moins 16 personnes ont été tuées et neuf autres blessées dans une embuscade tendue par des combattants présumés membres du groupe rebelle des ADF, jeudi 22 juillet en début de soirée, sur la route Mayimoya-Tsani-Tsani, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo confirme que la tragédie s’est produite vers 17 heures, heure locale, et que les troupes de l’armée nationale présentes dans la zone ont promptement réagi et ont pu sauver plusieurs rescapés.
Selon le lieutenant Anthony Mwalushay, l’armée condamne fermement cette attaque meurtrière et déplore les pertes en vies humaines enregistrées. « Nous avons perdu nos compatriotes qui étaient passagers du véhicule FUSO qui a été incendié. Nous condamnons tout ce qui s’est passé car l’ennemi a visé les civils et non les militaires. Ces rebelles, qui veulent faire croire qu’ils sont forts, ont peur d’affronter les militaires des FARDC et s’attaquent aux civils ».
Par ailleurs, le porte-parole de l’armée congolaise dans le secteur opérationnel Sokola 1 grand Nord, affirme que le chauffeur du FUSO, qui figure parmi les personnes tuées, n’a pas respecté les consignes sécuritaires données par le commandant en place. « Le chauffeur n’a pas respecté les consignes, notamment en ce qui concerne l’heure. Vers 17 heures, il fait déjà nuit dans cette zone qui est très éloignée de la cité d’Oïcha » explique-t-il, avant d’exhorter tous les conducteurs et usagers de la route à respecter les consignes données par les services de sécurité, pour préserver les vies humaines. « Les vies humaines n’ont pas de prix. Après 15h30, il est préférable de ne pas emprunter ce tronçon » insiste l’officier militaire.
Concernant les plaintes sur la faible présence des militaires dans la zone où l’attaque a eu lieu, le lieutenant Mwalushay rétorque qu’on ne peut pas déployer un régiment entier dans cette zone. « Une compagnie y a été déployée et elle a pu bien faire son travail en repoussant l’ennemi », affirme-t-il.
En réponse aux accusations du député provincial Jean Paul Ngahangondi selon lesquelles les FARDC ont tardé à réagir alors qu’elles ont été alertées à temps, le militaire rétorque que l’armée ne répond pas aux déclarations de certaines personnes qui, en cette période difficile, trouvent du plaisir à revigorer leur popularité en racontant n’importe quoi. « Nous ne répondrons pas à des individus comme le député provincial qui a déclaré sur la toile que l’armée avait été alertée en temps. Et ce n’est pas la première fois qu’il le fait, pour lui c’est une habitude » déclare Anthony Mwalushay.
Le gouverneur de la province, Ndima Kongba Constant, a dépêché deux généraux, à savoir le commandant secteur et le commandant de l’axe nord, pour consoler les blessés, constater ce qui s’est passé et pour prendre des mesures pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus.
Par Lwanzo Kasoki