Beni : « Je ne voudrais pas qu’un seul journaliste soit arrêté pendant cet état de siège » (Général Ekenge)
Lors d’une séance d’échange organisée entre le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Ekenge, et les responsables des médias de Beni, y compris ceux des groupes Whatsapp influents de la région, l’officier militaire est revenu sur la communication à adopter en cette période d’état de siège instauré sur toute l’étendue de la province.
« Je ne voudrais pas qu’un seul journaliste soit arrêté pendant cet état de siège » déclare d’emblée le Général Ekenge Sylvain, conseillant à ceux qui ne maîtrisent pas le métier de porter leurs choix sur d’autres emplois.
Toutefois, le porte-parole de l’autorité provinciale affirme qu’une communication responsable est attendue des journalistes et de toutes les composantes de la presse pendant cette période d’état de siège. « Il est triste de constater que de nombreux journalistes veulent se spécialiser dans le sujet de l’armée avec pour conséquence un grave déraillement dans leur communication » déplore-t-il.
Par ailleurs, il affirme que les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils reçoivent comme information, mais qu’il est crucial avant toute publication, d’être rassuré que de détenir un extrait sonore de l’armée. « Nous n’avons qu’une seule armée, pourquoi ternir son image ? » s’interroge-t-il.
« Il faut donner des informations correctes et vérifiées sur la situation sécuritaire de la région pour la population, plutôt que d’y injecter du mauvais venin, ce qui entraîne des conflits » insiste le militaire, avant d’appeler les journalistes de Beni à la responsabilité. « Même si vous avez une source d’information dans l’armée, il est toujours important de la vérifier auprès de son porte-parole ».
Selon lui, la désinformation des faits est une ligne rouge que les journalistes ne doivent pas franchir en cette période. « Les informations tendancieuses sont à éviter. Et toute déclaration qui tend à démoraliser les troupes militaires est strictement interdite ».
Enfin, le général, qui insiste sur le fait que l’état de siège ne remplace pas les opérations en cours, mais vient au contraire les renforcer, réitère le souci de l’armée de préserver une franche collaboration avec toutes les couches de la population. « Grâce à la collaboration avec la population, l’armée a réussi à mettre la main sur plusieurs collaborateurs des ADF. Ils vivaient avec nous, mangeaient avec nous, nous transportaient même en tant que taximen, ils peuvent être chauffeurs, journalistes, commerçants, soldats…«
Par la Rédaction avec Marc Fimboson.