Nord-Kivu : Pour l’armée, ceux qui choisissent la prise d’armes pour leur autodéfense seront considérés comme des rebelles
Les appels à une auto prise en charge locale contre l’insécurité dans la région du grand nord de la province du Nord-Kivu se multiplient depuis peu, au grand dam des forces armées congolaise. Après une période de silence, celle-ci s’est enfin exprimée, mettant en garde tous ceux qui soutiennent une telle initiative.
Le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu a clairement exprimé l’opposition de l’armée concernant cette question qui gagne de plus en plus de terrain. Le général de brigade Sylvain Ekenge n’y est pas allé de main morte et a découragé l’organisation de toute forme d’autodéfense, rappellant en outre que c’est un acte de haute trahison.
Pour le militaire, cela relève tout simplement d’une rêverie, parce que, explique-t-il, la constitution congolaise, qui est la loi fondamentale du pays et qui régit tout, est claire à ce sujet. « La constitution dit que l’organisation des mouvements armés, d’une jeunesse armée c’est de la haute trahison. Ils ne vont pas changer la constitution, et cette disposition là, on ne peut pas la changer » a-t-il commenté.
« Si les jeunes prennent les armes, alors ce qu’ils le font contre l’armée et la police, il n’y a que ça » a-t-il ajouté, prévenant que si cela se concrétisait, l’armée et toutes les forces de sécurité considéreraient par conséquent les membres du mouvement d’autodéfense comme tous les autres groupes armés et les rebelles de l’ADF.
Face à ce qu’ils considèrent comme des résultats largement mitigés de la traque des ADF et d’autres groupes armés tout aussi meurtriers, certains députés provinciaux et mouvements citoyens prêchent et encouragent depuis peu la formation d’un groupe d’autodéfense, « pour soutenir l’armée et protéger les victimes », justifient-ils.
Le 18 septembre dernier, c’était autour de l’association culturelle Kyaghanda de Butembo d’exhorter les deux chambres du parlement à voter une loi autorisant le port d’armes par les civils dans le cadre de la légitime défense. Comme argument, Maître Serge Makeo, son secrétaire général, avait mis en avant la « détérioration » de la situation sécuritaire au Nord-Kivu et en Ituri.
Par la Rédaction