Nord-Kivu : Près des fronts de Rutshuru, la nouvelle centrale hydroélectrique du parc des Virunga visée par une attaque à l’artillerie lourde
L’Institut Congolais de Conservation de la Nature, l’autorité gouvernementale mandatée pour gérer les aires protégées en RDC, déplore qu’une des centrales électriques du parc des Virunga ait été visée par des tirs d’artillerie lourde.
Les rebelles du mouvement du 23 mars sont les premiers suspects dans l’acte de sabotage déploré par l’Institut Congolais de Conservation de la Nature-ICCN. Ces rebelles seraient, selon les premières informations, à l’origine d’une attaque à l’artillerie lourde sur le chantier de construction d’une centrale hydroélectrique dans le parc national des Virunga.
« Le parc national des Virunga a été victime d’une violente attaque dans la matinée du mardi 18 août 2022 », a indiqué la direction de l’ICCN. L’institut a précisé que la cible était « le chantier de construction de la nouvelle centrale hydroélectrique de Rwanguba, dans le Territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu ».
« L’attaque, qui a nécessité des tirs d’artillerie lourde, a entraîné la chute de deux engins explosifs au milieu du chantier de construction, qui comprend des installations résidentielles pour les travailleurs et des ateliers de construction », a précisé la même source. À en croire l’Institut, l’attaque a causé d’importants dégâts matériels, notamment sur les équipements de construction. « Selon les communautés locales, les tirs d’artillerie provenaient de positions du M23 situées à moins de 5 km du site ».
« Aucune victime n’est à déplorer parmi le personnel, les autorités du parc ayant pu les évacuer dès le début de l’attaque », a indiqué l’ICCN, qui regrette toutefois « la perte de plusieurs victimes dans les villages environnants ».
« L’ICCN condamne fermement cette dernière attaque à Rwanguba. Les gardes forestiers sont des agents chargés de faire respecter la loi dans les zones protégées. Leur mandat est d’assurer la protection du patrimoine naturel de la RDC, qui dans le cas du parc national des Virunga est également un site du patrimoine mondial de l’UNESCO », a déclaré Olivier Mushiete, directeur général de l’ICCN.
Il a rappelé que le personnel civil qui travaille sans relâche pour mettre en œuvre les programmes de développement du parc n’a d’autre objectif que de participer à la construction d’un avenir de paix et de prospérité pour la population du Nord-Kivu. « L’attaque d’hier ne fait que renforcer leur détermination à accomplir leur mission », a fait savoir le responsable de l’institut de conservation de la nature.
Cette nouvelle attaque visant les installations du parc national des Virunga, qui est au cœur de la région touchée par l’insécurité depuis la résurgence de la rébellion du M23, intervient après qu’un garde parc, nommé Etienne Kanyaruchinya, a été tué dans une violente attaque contre un poste de patrouille de l’ICCN à Bukima le 22 novembre dernier.