Alors que l'Arrêté ministériel du 20 août 2026 portant suspension des activités académiques dans certains établissements publics continue de susciter des interrogations, un étudiant de l'Université Officielle de Bukavu (UOB) monte au créneau.
Godefroid Kalimbe, étudiant en Master 2 Droit à l'UOB, a adressé une pétition officielle à Madame la Ministre de l'Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations à Kinshasa, avec copie à la Première Ministre.
Avec comme Rmréférencée N°001/31/08/GK/2026, la pétition demande la clarification et le réexamen des modalités d'application de l'article 2 alinéa 2 dudit arrêté.
Pour rappel, cet article prévoit une exception : les étudiants finalistes de l'année académique 2025-2026 dont le cursus n'a pas été régulièrement achevé, sont autorisés à présenter leurs évaluations ou à accomplir les activités nécessaires au parachèvement de leur cursus au sein d'établissements légalement établis.
Une mesure jugée favorable sur le principe par le pétitionnaire, mais inapplicable en pratique.
Dans son document de deux pages, Godefroid Kalimbe relève trois difficultés majeures :
Où et comment seront accueillis les finalistes ? Il note que la plupart des établissements privés susceptibles de les accueillir à Bukavu et à Goma ont déjà clôturé leur année académique 2025-2026. Aucune modalité d'admission, d'intégration ou de calendrier n'est précisée par l'arrêté.
La question des frais académiques. Selon lui, les étudiants, régulièrement inscrits dans le public, ont déjà payé les frais exigés pour 2025-2026. Devront-ils payer de nouveaux frais dans les établissements d'accueil pour achever une année déjà payée ?
Le cas des filières exclusives au public. L'inquiétude est encore plus profonde pour des filières comme la Pharmacie, la Géologie, la Gouvernance Défense et Sécurité, la Géostratégie ou le Droit de l'environnement, qui ne sont organisées qu'à l'UOB, à l'UNIGOM et dans quelques universités éloignées comme l'UNILU, l'UNIKIS ou l'UNIKIN.
" Par quels moyens ces jeunes, aux conditions de vie déjà précaires, pourront-ils se déplacer jusqu'à Lubumbashi, Kisangani ou Kinshasa ? Qui prendra en charge les frais de déplacement et de logement ?" s'interroge-t-il, tout en ajoutant ;
"L'exception instituée par l'article 2 paraît favorable dans son principe, mais elle demeure entourée d'incertitudes quant à son exécution effective. Une autorisation d'achever un cursus ne peut produire pleinement ses effets que si elle est accompagnée de mesures concrètes", écrit le pétitionnaire.
Sans remettre en cause l'autorité de l'État, l'étudiant invoque l'article 27 de la Constitution qui reconnaît à tout citoyen le droit de pétition, et sollicite respectueusement de la Ministre une clarification urgente pour ne pas compromettre définitivement le parcours académique des finalistes concernés.
David Aluta.