Nord-Kivu : charivari entre députés et animateurs de l’état de siège, « les deux parties doivent cesser les discours incendiaires » (baraza la wazee et les forces vives)
Les débats autour du maintien de l’état de siège au Nord-Kivu ont donné lieu à une série de tensions entre les autorités militaires et les élus provinciaux. Les responsables de l’état de siège ont dressé un bilan positif alors que les élus provinciaux affirment que cette mesure n’a apporté aucune solution aux problèmes de la population, compte tenu de la recrudescence de la violence dans la région.
Pour le baraza la wazee et les forces vives du Nord-Kivu, ces tensions résultent d’abord « de l’absence d’une étude de faisabilité et d’une planification réaliste avant la proclamation de l’état de siège ».
Ces deux structures communautaires ont indiqué le jeudi 19 août 2021 que « la mauvaise compréhension de l’enquête sur l’état de siège par ses dirigeants, par la population ainsi que par les députés provinciaux, serait également à l’origine de ces incompréhensions entre les parties prenantes. Selon elle, à ce facteur s’ajoute « la non-amélioration de la situation sécuritaire dans les zones concernées par l’état de siège malgré plusieurs prolongations déjà enregistrées ».
Par ailleurs, le Baraza la Wazee et la société civile du Nord-Kivu reconnaissent que « le discours discourtois et calomnieux entre les autorités militaires et les députés provinciaux a également entravé la bonne mise en œuvre de l’état de siège ».
Ainsi, face à ce désaccord, les baraza la wazee et les forces vives appellent les concernés à « conjuguer leurs efforts pour la réussite de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ».
Cependant, ces organisations citoyennes constatent que les efforts des autorités militaires ont été dispersés dans plusieurs domaines d’intervention dont l’humanitaire, le coutumier et le foncier ainsi que la collecte des taxes, « au lieu de se concentrer sur la mission qui leur a été confiée par le Chef de l’Etat qui est d’éradiquer l’insécurité et de restaurer la paix à l’Est de la République Démocratique du Congo », ont-ils déploré.
Face à cette situation, le baraza la wazee et les forces vives du Nord-Kivu appellent les autorités militaires et les élus provinciaux à mettre fin à leurs discours et déclarations incendiaires afin de donner la chance à l’issue heureuse de l’état de siège.
« Au lieu de la dislocation, nous devons tous unir nos énergies pour une paix durable afin de soulager la population qui vit un calvaire depuis plus de deux décennies », interpellent-ils.
Toutefois, ils soulignent que « les autorités militaires et les députés provinciaux ainsi que les forces vives doivent se réunir afin de faire une évaluation sincère qui aboutira à des résolutions fructueuses ».
Rappelons que depuis l’installation de l’état de siège, 485 civils ont été tués en Ituri et au Nord-Kivu, selon un décompte établi le 5 août par les experts du Baromètre de sécurité du Kivu. Ce sombre bilan a conduit plusieurs autorités civiles, dont des élus provinciaux, à s’opposer et à s’interroger sur l’efficacité de cette mesure face à l’insécurité ambiante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Par Nicole Lufungi, Nord-Kivu.