RDC : Les députés nationaux votent pour la huitième prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu
Jeudi 16 septembre, à l’assemblée nationale, les députés ont voté en faveur de la huitième prorogation de l’état de siège dans deux provinces de l’Est de la République démocratique du Congo.
A l’issue de la présentation faite par Mme Mutombo Kiese Rose, Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, sollicitant la 8ème prorogation de cette mesure qui en est à son 4ème mois, 280 élus nationaux sur les 281 présents à la plénière ont adopté ce projet de loi, émanant du gouvernement central.
En effet, pour convaincre la représentation nationale de la nécessité d’une nouvelle prorogation, la ministre a indiqué qu’au 13 septembre, 26 localités ont été récupérées par les forces armées congolaises dans la province de l’Ituri, 21 éléments des groupes armés ont décidé de déposer les armes, tandis que 152 personnes ont été libérées sur les 189 retenues en otage, et quelques 49 armes ont été récupérées.
Dans la province du Nord-Kivu, Mme Mutombo Kiese Rose a parlé d’au moins 2.447 ex-combattants rebelles qui se sont rendus, 428 armes récupérées et 37 localités conquises grâce aux opérations militaires lancées dans le cadre de l’état de siège instauré par le Président de la République.
Cette huitième prorogation intervient alors que de plus en plus des voix s’élèvent dans les provinces concernées par le dispositif sécuritaire pour demander une révision de l’état de siège dans son format actuel, son efficacité étant remise en cause au vu des maigres résultats observés sur le terrain.
C’est le cas du député national Jean Baptiste Kasekwa, élu dans la ville de Goma, qui soutient qu’il est possible d’éradiquer tous les groupes armés dans l’est du pays en un temps record sans état de siège, « comme la fameuse victoire des FARDC contre le M23 en 2012 », explique-t-il.
Pour lui, il est temps que cette mesure soit levée car les ennemis reviennent sans cesse tuer dans les mêmes localités sans faire face à un dispositif sécuritaire renforcé et aucun bastion rebelle n’a été attaqué bien qu’identifié. Jean Baptiste Kasekwa pointe également l’ampleur de la criminalité urbaine avec un flot de dégâts à Beni, Butembo et Goma qui reste d’actualité malgré l’instauration de l’état de siège.
Par Lwanzo Kasoki, Kinshasa