Ituri : Crainte d’infiltration de l’ennemi dans Bunia, un activiste de la société civile appelle les services de sécurité à scruter les mouvements des déplacés
La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri à l’Est du Congo-Kinshasa, accueille des hommes et des femmes déplacés de la région d’Irumu qui ont fui les affrontements entre les FARDC et les rebelles ADF en coalition avec les miliciens du FPIC chini ya kilima, dans la région de Komanda, Makayanga et environs.
Au fief de l’Ituri, plusieurs personnes craignent une probable infiltration des miliciens dans la ville, profitant de l’arrivée importante des déplacés, comme ce fut le cas la dernière fois à Lengabo.
Xavier Asani, un activiste de la société civile qui partage ces inquiétudes, appelle les services de sécurité à être plus vigilants face à cette situation. « Nous sommes en train d’alerter les autorités pour qu’elles mettent en place un mécanisme d’identification de ces personnes déplacées. Nous de notre côté en tant que structure -Jeunesse na biso- craignons que dans cet afflux de déplacés, qu’il y ait infiltration des ennemis dans la ville de Bunia et qui malheureusement peuvent servir d’éclaireurs. Il est nécessaire de connaître au moins leur identité, qui sont-ils ? Ne portent-ils pas des armes ? » a-t-il déclaré, dans des propos recueillis par CongoRassure.
De son côté, pour taire les craintes, le commissaire provincial de la police, le commissaire divisionnaire adjoint Ngoy Sengelwa-Kyo, a déclaré qu’étant donné l’importance du sujet, il a mis en place les équipements nécessaires pour que la population de la ville et de ses environs puisse faire face à toute éventualité.
« Avec l’afflux de personnes, un rebelle peut se faufiler. Il faut que la population soit éveillée et de notre côté nous allons prendre les mesures nécessaires pour que nous ne manquions pas d’éléments dans les quartiers où il y a une arrivée importante des personnes déplacées. Nous avons une présence accrue de policiers pour faire face à toute éventualité », a rassuré le chef de la police de l’Ituri.
Outre l’aspect sécuritaire, les personnes déplacées de Komanda qui ont fui vers Bunia et Mambasa vivent sans aucune assistance humanitaire, plusieurs structures des forces vivent disent également leur inquiétude face à cette situation.
Par Marcus Jean Loika, Ituri