Insécurité urbaine à Butembo : La société civile critique la léthargie des autorités chargées de la sécurité
Par Martin Leku, CongoRassure Butembo
La ville commerciale de Butembo, au Nord-Kivu, est actuellement confrontée à plusieurs cas d’insécurité. Il s’agit notamment des attaques récurrentes des présumés miliciens Mai-Mai et du banditisme urbain, communément appelé » phénomène Kasuku « .
Ce dernier se caractérise par des incursions nocturnes dans les foyers, des meurtres ou assassinats, et des vols à main armée.
Dans une interview accordée à CONGORASSURE.CD, le premier vice-président de la coordination urbaine de la société civile de Butembo, Van Germain Katsiwa, a déclaré que de nombreux cas dus au « phénomène Kasuku » continuent d’être documentés, malgré l’état de siège.
« Si on se réfère, par exemple, uniquement à la situation des raids nocturnes, le phénomène communément appelé Kasuku, qui a longtemps persisté dans la ville de Butembo, aujourd’hui on ne peut pas dire que la situation a sensiblement diminué. Elle est plutôt latente. Chaque jour, des incursions dans les ménages sont enregistrées. Peut-être que ce n’est pas alarmant parce qu’à un moment donné, la population a développé un système de vigilance populaire. Les jeunes ont développé un système d’entraide où ils doivent surveiller l’extérieur, faire des rondes pour trouver les poches de l’ennemi », explique le premier vice-président des Forces vives de Butembo.
Cet acteur de la société civile de Butembo déplore en même temps la léthargie des services de sécurité à établir la sécurité dans la ville. Pour lui, le fait d’interdire aux jeunes de veiller à leur propre sécurité profite, par contre, à ces opérateurs de nuit, car, poursuit-il, » la police est en sous-effectif et en sous-logistique « .
« Curieusement avec l’avènement de l’état de siège, ce qui veut dire qu’on ne peut pas attribuer cette baisse à l’état de siège, on enregistre le pire. Parce que les maisons continuent d’être visitées, les gens ne sont pas aidés par les services de sécurité. Nous sommes sous une terreur qui ne dit pas son nom où nous sommes obligés de dormir rapidement. Sachant que la ville de Butembo est sous-dotée en policiers et sous-dotée en logistique. C’est pourquoi l’ennemi profite de ce moment où personne ne peut être dehors, où les jeunes ne peuvent plus faire des rondes, pour déclencher le phénomène Kasuku », déclare Van Germain Katsiwa, ajoutant que « les autorités sécuritaires s’amusent. Ils ont besoin que cette mission soit prolongée autant de fois que possible ».
Il déplore également l’insouciance des responsables des services de renseignement. Face à cette situation, Van Germain Katsiwa conseille aux services de sécurité de la ville commerciale du Nord-Kivu de multiplier leurs stratégies de renseignement. « La population doit être vigilante tout en collaborant avec la Police Nationale Congolaise (PNC) et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) » ajoute-t-il.
Pour rappel, la dernière des incursions nocturnes a été enregistrée dans le quartier Vutetse, commune de Kimemi, dans la nuit du mercredi au jeudi 18 novembre 2021.