Ituri/Djugu : Calme relatif à Drodro après le massacre d’au moins 29 personnes, selon le gouvernement
Par Marcus Jean Loika, CongoRassure Ituri
Un calme relatif est observé dans la localité de Drodro, située à au moins 60 km au nord de la ville de Bunia, dans la chefferie de Bahema Nord dans le territoire de Djugu en Ituri, selon des sources de la société civile.
Elles précisent toutefois que plusieurs habitants ont pris la route de l’exode, suite à la deuxième attaque des miliciens de la Codeco enregistrée dans cette localité en l’espace de 5 jours.
Le dimanche 21 novembre, le site des personnes déplacées de Drodro a été pris pour cible par des miliciens armés qui ont également incendié la position militaire de la zone.
Bien que certaines sources locales avancent un bilan de plus de 100 morts, la société civile estime que le bilan provisoire est d’environ 50 personnes déplacées massacrées par ces hors-la-loi.
Toutefois, en rejetant le bilan de plus d’une centaine des tués qui circulait depuis la journée du lundi sur les réseaux sociaux, Patrick Muyaya, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement a quant à lui déclaré que le nombre des morts était d’une vingtaine.
« Il n’y a pas eu 107 morts mais une vingtaine à Drodro. Le gouvernement suit de près la situation. Que tous ceux qui ont relayé cette info s’inspire de sa source pour rétablir la vérité. Dans le Changement de narratif, nous prônons la transparence et nous sommes disponibles pour recouper », a-t-il écrit sur son compte Twitter.
Patrick Muyaya a également déclaré que le gouvernement central condamnait cet énième acte de barbarie et compatissait au malheur qui frappe à nouveau dans cette partie de la RDC. «Avec le gouverneur militaire de l’Ituri tout est fait pour apporter l’assistance aux familles et à garantir la sécurité » a souligné le porte-parole du gouvernement.
Il sied de noter que les maisons, des boutiques, l’hôpital et la paroisse catholique ont également été pillés puis brûlés. Et dès la nuit de dimanche, un déplacement massif de la population a été signalé en direction du Site de Rho situé à quelques km de la région.
Jean-Marie Ezadri, le coordonnateur adjoint de la société civile en Ituri, qui s’est dit touché par ce nouveau massacre de civils, a demandé le limogeage de certains commandants dans la région de Djugu suite à leur inefficacité dans les interventions militaires.
« L’attaque de Drodro a été planifiée depuis longtemps, nos membres ont alerté le commandant FARDC de la région mais il n’a pris aucune précaution et voilà où nous en sommes aujourd’hui. Nous, la société civile, demandons sa relèvement au plus vite » a-t-il déclaré à CONGORASSURE.CD.
Jean-Marie Ezadri a également demandé aux autorités militaires de l’état de siège de prendre leurs responsabilités face à l’activisme des groupes armés en Ituri.
« Pour nous, les personnes directement responsables de la protection de la population dans le camp de déplacés sont nos autorités locales. Nous demandons à l’armée de prendre ses responsabilités, même le gouverneur militaire, il n’est pas seulement un gouverneur dans le cadre de l’administration ou dans la gestion des aspects financiers. Il doit aussi assumer ses responsabilités en tant qu’officier militaire », a-t-il poursuivi.
L’armée, qui affirme avoir maîtrisé la situation à Drodro, a parlé pour sa part le lundi d’une dizaine de morts enregistrés du côté des civils, comme bilan provisoire.
Cette nouvelle attaque intervient au lendemain d’une journée ville morte décrétée par les communautés de l’Ituri pour dénoncer les massacres de plus d’un millier de civils par les groupes armés depuis le début de l’état de siège dans cette partie du pays.