Arrivée de l’armée ougandaise en RDC : Le député de Beni Kiro Tsongo défend cette décision et martèle : « C’est une urgence »
Face au tollé soulevé par l’annonce sur plusieurs médias internationaux de l’arrivée en République démocratique du Congo de l’armée ougandaise, appelée en renfort pour traquer les rebelles terroristes originaires de ce pays d’Afrique de l’Est et frontalier de la RDC, plusieurs autres voix ont tenu à exprimer leur soutien à cette décision, qui demeure clairement controversée pour une partie importante des congolais qui mettent en avant l’histoire récente entre les deux pays.
Du côté de Kinshasa, alors que tout le monde trépigne d’impatience, attendant une déclaration des officiels, c’est le silence radio ! Les membres de l’exécutif central ont visiblement décidé de retarder au maximum une confirmation officielle, malgré l’agitation observée sur la toile congolaise et dans les tabloïds.
Si le Premier ministre Sama Lukonde et les membres de son gouvernement ont décidé de rester aphones sur cette question épineuse jusqu’à présent, ou alors s’expriment sous couvert d’anonymat, certains députés élus des zones victimes des attaques récurrentes des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) et de leurs collaborateurs de circonstance, ont décidé de mettre les choses au clair et d’expliquer l’urgence de cette autorisation d’entrée des troupes ougandaises sur le sol congolais.
C’est le cas notamment du député national Grégoire Kiro Tsongo. Dans un bref message posté sur son compte Twitter lundi, l’élu de la ville de Beni au Nord-Kivu n’a aucunement caché sa position, clairement en faveur de l’arrivée des hommes de Yoweri Museveni. Ce représentant de Beni estime qu’il est urgent de recourir à la mise en commun des forces des armées congolaise et ougandaise dans la traque des ADF, compte tenu de la situation qui reste précaire sur le terrain. Le député répète à son tour l’objectif déjà donné anonymement par plusieurs autres sources gouvernementales, qui reste, insistent-elles, « la traque des ADF. »
« L’invitation de l’UPDF (ndlr : armée ougandaise) à soutenir les FARDC a un objectif précis : traquer les ADF, un ennemi commun à nos deux pays que nous n’avons pas réussi à détruire seuls », a déclaré Grégoire Tsongo.
Par ailleurs, le parlementaire reconnaît l’impératif de réformer l’armée congolaise, mais souligne que pour que cela soit possible, il faut du temps, « Or ns sommes dans l’urgence » commente-t-il.
#RDC L'invitation de l'UPDF en appui aux FARDC répond à un objectif précis : traquer l'ADF, ennemi commun à nos 2 pays que nous n'avons pas réussi à anéantir seuls. Notre armée doit être réformée, ce qui demande du temps. Or ns sommes dans l'urgence. pic.twitter.com/TcKjeQLmKB
— Grégoire Kiro (@kiro_gregoire) November 29, 2021
Une position à laquelle fait écho celle de l’un des proches collaborateurs du chef de l’Etat congolais, Peter Kazadi. Ce cadre du parti au pouvoir rappelle que la lutte contre le terrorisme a toujours fait l’objet d’une concertation et d’une mise en commun des efforts des nations. « Refuser la coopération internationale pour son éradication ne serait que de la complicité envers les victimes qui se comptent par milliers de part et d’autre », justifie ce député provincial UDPS de la ville de Kinshasa.
« À se demander quelle est la solution pour contrer les ADF, à part nos jérémiades ? On dirait que ce qui compte pour certains ce sont les victimes, parce que ça leur permet de récolter des fonds et faire des affaires. Il est bon d’essayer que de rester inerte » a-t-il également dit.
Cependant, le Dr Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix, n’est pas d’accord. Le médecin et activiste estime qu’après 25 ans de crimes de masse et de pillage des ressources de la RDC par les pays voisins, l’autorisation d’entrée de l’UPDF accordée par le Président Felix Tshisekedi et les accords de coopération militaire avec l’armée rwandaise sont inacceptables.
« Non aux pyromanes-pompiers », insiste Mukwege, avertissant que les mêmes erreurs produiront les mêmes effets tragiques si rien n’est arrêté à temps. Le lauréat du prix Nobel lance un vibrant appel à la population congolaise car explique-t-il, la Nation congolaise est en danger.
CMK