RDC : L’armée ougandaise aurait détruit trois bases importantes des ADF lors des frappes de mardi
Vers 3 heures du matin, heure de la RDC, et 5 heures du matin, heure de l’Afrique de l’Est, mardi 30 novembre, des avions de combat de l’armée ougandaise ont attaqué quatre bases des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est du Congo, ont rapporté plusieurs médias ougandais.
Selon des sources citées par le Nile Post, lors du raid, trois des quatre bases de ces combattants rebelles auraient été complètement détruites et certains des dirigeants des ADF auraient été tués au cours de l’opération.
« La quatrième base était énorme, avec plus de 1 000 combattants, mais pendant les raids du matin, l’UPDF a détruit 70 % des rebelles dans le camp qui servait de plus grande base d’entraînement pour les ADF », a déclaré une source bien informée au Nile Post. « Ceux qui ont été blessés par l’artillerie ont ensuite été assaillis par des avions de chasse qui les survolaient ».
Selon le média ougandais, lors de l’attaque de mardi matin, après le retrait des avions de chasse, les troupes au sol seraient revenues quelques heures plus tard pour balayer la zone mais aussi effectuer une reconnaissance pour s’assurer qu’il n’y avait pas de restes de rebelles.
Par ailleurs, le porte-parole de l’armée ougandaise, Brig Flavia Byekwaso, a confirmé l’attaque des bases des ADF dans un message sur Twitter. « Ce matin, nous avons lancé des frappes aériennes et d’artillerie conjointes contre les camps des ADF avec nos alliés congolais », a écrit Byekwaso.
Dans une déclaration ultérieure, il a indiqué que les cibles avaient été atteintes avec précision et que les opérations contre les terroristes ADF allaient se poursuivre, d’autres cibles étant recherchées lors des opérations terrestres.
Des frappes oui, mais où précisément ?
Malgré l’annonce par l’armée ougandaise de frappes aériennes visant les positions des ADF mardi matin, plusieurs observateurs ont noté que les noms des villages ou les lieux précis n’ont pas été communiqués par les ougandais.
Du côté congolais, aucun détail n’a non plus été donné par le porte-parole de l’armée et encore moins par Patrick Muyaya, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement. Ce membre du gouvernement a tout simplement déclaré que des actions ciblées et concertées avec l’armée ougandaise ont commencé par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie depuis l’Ouganda sur les positions terroristes des ADF en RDC.
Cette lecture a également été relevée par le magazine Jeunafrique, qui note que les détails des lieux visés sont encore incertains. Cependant, selon ce média, des sources concordantes font état de cibles près de Nobili, dans le Nord-Kivu, ce que le lieutenant Mualushayi n’a pas souhaité confirmer à Jeunafrique, mais a affirmé que des sites dans « l’ensemble du territoire de Beni » étaient concernés.
Malgré ce vide dans l’information, plusieurs analystes indépendants s’accordent néanmoins à dire que ces détails ont probablement été délibérément omis par les deux parties pour des raisons de sécurité, notamment pour éviter de révéler la localisation exacte des opérations.
Kinshasa dément la présence ougandaise sur le sol congolais
Jusqu’au soir de mardi, les autorités congolaises ont catégoriquement rejeté les informations selon lesquelles des troupes ougandaises seraient officiellement entrées sur le sol congolais. Selon Kinshasa, il n’y a pas de troupes ougandaises en RDC et les images qui circulent sur la toile congolaise sont anciennes.
CMK.