Mise en commun des forces congolaises et ougandaises contre les ADF : Pas concernée, la MONUSCO s’incline devant le choix de Kinshasa
Le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) ne lui permet pas de soutenir une coalition régionale, a déclaré son porte-parole et coordinateur du Groupe de communication des Nations Unies en République démocratique du Congo, mercredi 1er décembre, lors d’une conférence de presse.
Mathias Guillmann, qui a insisté sur la nécessité d’assurer une coordination très étroite entre les acteurs militaires pour garantir à la fois l’efficacité des opérations et la sécurité de toutes les parties, a souligné qu’il y aura des conséquences opérationnelles que la MONUSCO doit prendre en compte et voir ce qu’elle pourra faire.
« Notre mandat nous autorise à soutenir l’armée congolaise dans ses opérations. Notre mandat ne nous permet pas de soutenir une coalition régionale. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire. Ca veut simplement dire que nos efforts doivent être coordonnés pour compléter ce qui éventuellement, peut être fait par un autre partenaire militaire, dans la limite des mandats que nous avons et en garantissant au maximum la protection des civils, l’accès humanitaire et le respect du droit humanitaire international » a déclaré Guillman.
Le porte-parole de la MONUSCO a également laissé entendre que la coopération au niveau régional en termes d’échange d’informations et de renseignements est une dynamique qui existe depuis longtemps.
« C’est une décision bilatérale entre l’Ouganda et la RDC, qui ont depuis plusieurs années développé leur partenariat en matière de renseignement et de partage d’informations. Ils ont décidé d’intensifier et d’opérationnaliser cette coopération. C’est leur prérogative » a-t-il commenté.
À la question de savoir cette décision des autorités congolaises ne reflétait pas la volonté de Kinshasa de se séparer de la MONUSCO, M. Guillman a laissé entendre qu’il n’en était pas le cas. D’après le porte-parole, ce n’est pas parce que les dirigeants de la RDC ont décidé d’adopter une approche légèrement différente ou de travailler avec un partenaire sur une menace identifiée qui est commune aux deux partenaires, que tout ce qui a été fait avec la MONUSCO est discrédité.
« Nous travaillons aussi au nord de l’Ituri, dans les Hauts-plateaux, dans le Sud-Kivu, où des dizaines de milliers de Congolais vivent sous notre protection. Et compte tenu de la taille de l’Ituri, qui fait deux fois la Belgique, et des problèmes extrêmement complexes, il peut y avoir du travail pour tout le monde, dans la limite de ce que notre mandat nous autorise à faire avec l’armée congolaise » a-t-il répondu.
La mission onusienne a toutefois réaffirmé sa détermination à travailler, dans le cadre de son mandat, à soutenir les efforts contre les groupes armés et à garantir la protection des populations civiles dans les zones d’opérations.
Depuis mardi 30 novembre, l’armée congolaise a annoncé avoir mené des opérations de bombardement aérien avec les militaires ougandais, qui sont de nouveaux partenaires dans la traque des ADF dans la région de Beni.
Daudi Amin