Dossier : L’entrée de la police rwandaise à Goma confirmera t-elle la thèse de la balkanisation de la RDC ?
La purge et les réformes engagées depuis plusieurs mois par les autorités congolaises dans le secteur de la sécurité se poursuivent normalement pour le retour de la paix dans l’Est de la République Démocratique où deux (2) provinces sont sous état de siège.
Alors que la présence de l’armée ougandaise sur le sol congolais dans le cadre d’opérations conjointes avec les forces armées de la RDC pour combattre les forces démocratiques alliées ADF dans la région de Beni continue d’être au cœur d’une controverse dans l’opinion nationale, la question d’une éventuelle entrée de la police rwandaise à Goma pour lutter contre le terrorisme est considérée comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Que ce soit dans les états-majors des partis politiques ou au parlement, cette question qui, semble-t-il, est l’émanation des élus du peuple à travers la Commission de défense et de sécurité de l’Assemblée nationale continue de diviser les acteurs politiques avec ceux qui la soutiennent d’une part, et ceux qui y sont totalement et profondément opposés d’autre part.
C’est par exemple le cas de Martin Fayulu, figure de proue de l’opposition au pays. Sur son compte twitter, cet opposant congolais récuse sans passer par le dos de la cuillère, l’entrée des policiers rwandais pour installer une base opérationnelle dans la ville de Goma située à la porte du Rwanda, soi-disant, pour combattre le terrorisme et l’activisme des rebelles des forces démocratiques pour la libération du Rwanda FDLR.
Pour corroborer sa position, Martin Fayulu brandit la thèse de la balkanisation qui d’après ses propos, se confirme de plus en plus avec l’officialisation de l’entrée des armées étrangères sur le territoire congolais sous la barbe et le nez des élus du peuple sans que rien ne soit fait.
« En attendant mon adresse à la nation le 30 décembre prochain, je demande au peuple congolais de refuser la présence des policiers rwandais à Goma. Cette présence, comme celle de l’armée ougandaise viole la souveraineté de notre pays et tend à officialiser sa balkanisation », a t-il écrit via Twitter.
La mutualisation des Forces dans le cadre du partage des informations entre les deux polices (RDC et le Rwanda) sur les activités terroristes est parmi les principales raisons de cette alliance qualifiée « de contre nature » par la société civile locale.
En attendant d’autres dispositions légales au niveau du parlement, s’il y en aura bien-sûr, plusieurs couches de la population de Goma se lèvent pour dénoncer cette formalisation de l’entrée de la police Rwandaise à Goma. Elles recommandant plutôt aux autorités de doter la police congolaise des moyens nécessaires pour jouer son rôle.
Daudi Amin