Insécurité en Ituri : les communautés Hema et Lendu disent ne pas être “impliquées” car n’ayant “pas de problèmes entre elles”
Alors qu’elles sont présentées comme antagonistes dans l’insécurité persistance qui sévit en Ituri depuis décembre 2017, les communautés Hema et Lundu viennent de rejeter toutes les accusations portées contre elles et affirment ne pas être impliquées dans cette situation qui paralyse la province.
Les deux communautés ont fait une déclaration à la presse suite à la détérioration de la situation sécuritaire et à la dégradation de la cohabitation pacifique entre les membres de ces deux communautés.
Pour les Hema et les Lendu, la situation sécuritaire actuelle met en danger la vie de la population sur le terrain, notamment à Djugu avec la présence de la milice Codeco, réputée proche des Lendu, qui a déjà causé plusieurs morts et un déplacement massif de la population.
Pour elles, cet acte est l’œuvre de cette milice dans laquelle les fils et filles de la place adhèrent aveuglément à cause de la manipulation des tireurs de ficelles qui veulent rendre la vie difficile aux populations de Djugu jusqu’à les obliger à fuir leur milieu d’origine.
« Les prédateurs sont les tireurs de ficelles. Les fils et filles de ces communautés ont tendance à y adhérer aveuglément. Beaucoup ont perdu leur vie, leur village et leurs biens matériels depuis 2017. La population restante est concentrée soit dans les sites de déplacés et les camps , soit dans la brousse, vivant dans des conditions misérables et inhumaines « , indiquent ces deux communautés.
Fortes de ce constat, ces communautés appellent leurs fils et filles à cesser de servir les intérêts des autres, car les Lendu et les Hema n’ont aucun problème entre eux.
« Il n’y a rien qui puisse empêcher les membres de deux communautés de vivre ensemble », insistent-elles, invitant les membres de ces deux communautés à comprendre que les groupes armés ne sont pas créés par les communautés et qu’aucune communauté ne profite de ces conflits.
« Ceux qui sont dans les sites de déplacés, dans les rues, dans les camps de réfugiés à l’étranger, dans la brousse sont pour la plupart nos parents, nos sœurs et frères, nos filles et fils. C’est pourquoi les communautés Hema et Lendu rappellent à leurs membres de vivre comme par le passé, de se laisser libre passage et de dénoncer tout tireur de ficelles.”
Elles mettent en garde d’autres communautés et les appellent à ne pas profiter de cette situation pour diviser les Hema et les Lendu, mais aussi d’éviter la stigmatisation et la discrimination de ces deux communautés.